La bourse américaine salue … les doutes

Posté le 29 novembre 2018
Stock Market Discussion

Stock Market Discussion

Il y a quand même quelque chose d’aberrant de constater qu’un message plus prudent de la FED entraine une hausse de la bourse américaine.

Et pourtant

C’est exactement ce qui s’est produit hier où les propos de Powell ont fait nettement baisser le dollar, qui est passé de 1.1250 à 1.1380 par rapport à l’euro, ainsi que les rendements obligataires, alors que la bourse s’envolait.

En déclarant que les taux « restent bas par rapport aux normes historiques, et ils restent juste en dessous du large éventail d’estimations du niveau qui serait neutre pour l’économie », il a ravi les opérateurs boursiers.

C’est donc le terme « juste en dessous » qui a été interprété comme le signal que la FED allait réduire son processus de normalisation des taux, et que le scénario de quatre hausses de taux en 2019 était remis en question.

On peut aussi légitimement se poser la question si le message distillé par Powell était une réponse aux propos à nouveau très négatifs de Trump sur la politique que mène la FED actuellement.

C’est donc un changement de ton assez marqué par rapport à ses propos précédents qui évoquaient le fait que les taux étaient loin de leur niveau dit neutre. Si ce changement de ton est la résultante d’un constat que l’économie américaine montre des signes de ralentissement et que le niveau des taux est proche du seuil où ils pourraient peser l’économie, il faudrait plutôt s’en inquiéter que s’en réjouir comme l’a fait la bourse américaine.

D’ailleurs, les signaux d’un ralentissement dans le marché immobilier aux États-Unis se succèdent, avec dernier en date, le recul de -8.9 % des ventes de maisons neuves. Il s’agit du recul le plus marqué depuis décembre 2017, et le chiffre le plus faible depuis mars 2016.

Et pour revenir sur mes propos d’hier concernant la hausse de l’endettement des entreprises, la FED, dans son dernier rapport de stabilité financière s’est aussi inquiété de cette hausse.

On peut y lire ; « les niveaux d’endettement sont élevés et il y a des signes de détérioration des normes de crédit. En outre, récemment, l’endettement a augmenté plus rapidement dans les entreprises dont les bénéfices sont plus faibles et dont l’effet de levier plus important ».

Le coût du Brexit

Grande découverte, le Brexit va avoir un impact négatif sur l’économie britannique au grand dam des partisans du Brexit qui avaient promis que la sortie de l’UE rendrait les Britanniques plus prospères.

Selon les estimations du gouvernement, la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE sur base de l’accord durement négocié par Theresa May entrainerait une chute de -2.1 % du PIB dans les 15 ans par rapport au maintien dans l’UE.

Mais s’il n’y a pas d’accord, c’est à une dégringolade abyssale de -7.7 % du PIB à la laquelle serait confrontée l’économie britannique.

Si en plus, la Grande-Bretagne se ferme totalement au flux de migrants en provenance de l’UE, la chute serait de -3.9 % avec l’accord et de -9.3 % sans accord.

Les partisans du Brexit ont évidemment beau jeu de dénoncer une dramatisation de la situation par le gouvernement pour faire avaliser l’accord. Et ces derniers estiment qu’une sortie sans accord permettrait au contraire à la Grande-Bretagne de pouvoir négocier rapidement de nouveaux accords commerciaux qui seraient positifs pour l’économie.

Toujours selon ces estimations, deux secteurs seraient particulièrement impactés, à savoir le secteur automobile et celui des produits chimiques.

Hausse au Japon

Petite éclaircie au Japon, avec une hausse de 3.5 % des ventes de détail en chiffre annuel contre un taux de 2.2 % le mois précédent (voir graphique).

graphe20181129

C’est un signal positif car la consommation intérieure représente 60 % de la croissance de l’économie et ce rebond fait évidemment espérer une reprise au dernier trimestre.

Un graphique intéressant

Ce graphique, publié par la BCE, reprend la décomposition du prix de l’essence au troisième trimestre 2018 dans les différents pays de l’UE.

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Cela montre l’impact des taxes sur le prix de ce dernier et des divergences d’un pays à l’autre.

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