Les mises en garde se suivent

Posté le 22 novembre 2018

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Le titre des dernières prévisions de l’OCDE résume bien le contexte dans lequel nous sommes depuis quelques mois maintenant : « la croissance a déjà culminé, et les risques s’aggravent. »

Prévisions de l’OCDE

Lors de la publication de ses prévisions, l’OCDE rappelle ce que nous savons déjà tous, à savoir :

  • Les hausses des droits de douane ralentissent la croissance et pourraient perturber les chaînes de valeur et l’emploi (voir graphique)
  • Les marchés émergents restent vulnérables à une hausse des taux aux États-Unis et à des sorties de capitaux
  • Les risques politiques et géopolitiques aggravent les incertitudes

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Les deux tableaux donnent les prévisions pour la majorité des pays et méritent quelques commentaires (les flèches verte et orange clair indiquent une révision à la hausse ou la baisse de moins de 0.3%, les flèches orange une révision de plus de 0.3%).

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L’OCDE a revu à la baisse les prévisions pour le Japon et l’Allemagne particulièrement pour 2018. Et globalement, pour l’année 2019, elle se montre un peu moins optimiste tout en gardant des perspectives de croissance. A deux exceptions près, dans le premier tableau, à savoir l’Argentine et la Turquie qui seraient en récession.

Pour l’Europe, l’OCDE ne croit pas non aux vertus du budget italien et a revu à la baisse la croissance qui devrait être de 0.9% sur les deux prochaines.

Procédure enclenchée

C’est d’ailleurs le même constat qu’a fait la Commission qui a décidé de lancer contre l’Italie la procédure pour déficit excessif car « les dérapages sont considérables » a déclaré Pierre Moscovici.

La procédure est longue et le bras de fer ne fait que commencer et pourrait évidemment avoir des répercussions pour l’UE si l’Italie tente de bloquer, en représailles, certaines décisions.

La Commission devrait formuler des recommandations en décembre pour réduire le déficit et enjoindre alors l’Italie à prendre des mesures dans les 6 mois. En l’absence de réaction de l’Italie, la Commission pourrait alors prendre des mesures de sanction.

Cette décision de la Commission n’a pas été une surprise et donc la réaction sur les taux inexistante avec un différentiel sur le 10 ans par rapport au bund qui est de 3.11% ce matin.

Marché immobilier us

Si les ventes de maisons existantes ont progressé de 1.4% en chiffre annuel, les ventes depuis octobre 2017 ont reculé de -5.1%, soit la plus forte baisse depuis juillet 2014 (voir graphique).

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Et c’est clairement la hausse des taux qui a freiné la demande des ménages et donc les craintes sont réelles que si la FED poursuit sa normalisation des taux, la pression à la baisse sur le marchés immobilier se poursuit.

Pas de changement en vue

Pour la BOJ, qui va devoir maintenir son programme extrêmement accommodant et garder ses taux en territoire négatif après la publication des taux d’inflation.

Le taux d’inflation général est resté inchangé à 1%, ainsi que l’inflation de base qui est restée à 0.4%, soit très éloigné de l’objectif de 2% de la BOJ.

Un caillou dans l’accord

Même si les discussions se sont révélées constructives, elles n’ont pas encore abouti et Theresa May revient samedi à Bruxelles pour les poursuivre.

Mais l’Espagne a fait de Gibraltar un point essentiel et menace de ne pas voter l’accord si ce point n’est pas clairement précisé dans ce dernier.

La route est encore longue même s’il ne reste que trois jours pour finaliser les derniers points de l’accord.

Mais tout le monde s’accorde à dire que le plus dur est encore à faire, à savoir d’avoir l’aval du parlement britannique et pour le moment Theresa May ne semble pas avoir la moindre chance de remporter ce vote. Le sterling reste stable pour le moment légèrement au-dessus des 0.89 par rapport à l’euro.

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