La chute des feuilles

Posté le 9 novembre 2018

feuille

Les prévisions tombent comme les feuilles des arbres en cette saison, mais malheureusement la couleur des feuilles a nettement jauni sous l’effet de la sècheresse.

Prévisions de la Commission européenne

Personne ne s’étonnera d’une révision à la baisse des prévisions de croissance, ni d’ailleurs des arguments qui justifient cette révision.

La Commission pointe trois risques majeurs qui continuent et continueront de peser sur la croissance dans le futur ; la politique économique des Etats-Unis, les termes encore incertains de l’accord sur le Brexit, et des dérapages budgétaires, l’Italie donc.

Compte tenu de ces éléments, la Commission table sur une croissance de 2.1% cette année contre 2.4% en 2017, 1.9% en 2019 (précédente estimation à 2%), et 1.7% en 2020 pour la zone euro.

La révision est plus marquante pour l’Allemagne, où la Commission ne table plus que sur un taux de 1.7% cette année contre 1.9% en première estimation, et ensuite un taux de 1.8% et de 1.7% en 2020. Cette révision n’a rien de surprenant, car à côté des effets négatifs de la guerre commerciale, l’Allemagne souffre de l’impact des nouvelles normes d’émission pour les voitures et du contexte politique.

Pour preuve, les derniers chiffres publiés montrent un recul de -0.8% des exportations en septembre, et de -0.4% des importations.

Dans la zone euro, l’Italie est clairement la lanterne rouge avec une croissance attendue à 1.1% cette année, 1.2% l’année prochaine et 1.3% en 2020.

Pour plus de détail par pays, j’ai repris le tableau des prévisions publié par la Commission.

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Décision de la FED

Cette chute des feuilles nous annonce l’hiver et son lot de périodes plus froides et plus humides. Et le message de la FED, après sa réunion, a été de nous confirmer qu’il fallait se couvrir et qu’elle allait d’ailleurs continuer pour se faire à mener son resserrement monétaire.

En confirmant que le marché de l’emploi restait ferme et que la croissance économique continuait de croitre à un rythme soutenu, elle a confirmé les anticipations d’une nouvelle hausse de taux en décembre, ce qui a porté les rendements des treasuries encore un peu plus haut (voir le graphique avec le 2 ans et le 5 ans).

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Cette petite piqure de rappel n’a pas tellement plu aux bourses et cette hausse des rendements rend évidemment les obligations plus attractives et attire des investisseurs qui ont tendance à délaisser le marché des actions en prenant leur plus-value.

Ralentissement en Chine

Si la Commission européenne a revu ses prévisions à la baisse c’est bien évidemment parce qu’elle tient compte du contexte mondial et du ralentissement de la croissance en Chine.

Et ce ralentissement en Chine peut se mesurer par le recul des prix à la production (voir graphique), qui est le reflet d’une diminution de la demande aussi bien interne qu’externe. Ces prix à la production sont passés de 3.6% à 3.3%.

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Preuve de ce ralentissement, alors que la baisse du yuan aurait dû entrainer une hausse de l’inflation, parce que les produits importés coûtent plus cher, l’inflation est restée inchangée à 2.5%.

Autre indicateur

Autre preuve du ralentissement, la forte correction du prix du baril comme le montre le graphique de l’évolution du prix du Brent.

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Cette correction est la conséquence de la conjonction d’une diminution de la demande, et d’une hausse de la production en particulier de la part des Américains.

Et donc malgré la mise en place des sanctions contre l’Iran, le prix du baril a chuté de 20% sur quasiment un mois.

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