L’incertitude augmente

Posté le 29 octobre 2018
financial graph on technology abstract background represent financial crisis,financial meltdown

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La croissance américaine au troisième trimestre s’est révélée meilleure que prévu, mais n’a pas réussi à calmer les tensions sur les bourses.

Croissance américaine

Au lieu d’une croissance de 3.3%, l’économie américaine a connu une croissance de 3.5%, portée essentiellement par la consommation intérieure comme le montre le graphique (bâtonnet rouge). Mais cette forte demande intérieure a un effet pervers, à savoir qu’elle augmente les importations qui ont pesé sur la croissance au troisième trimestre (bâtonnet vert clair).

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Et elle a même un deuxième effet pervers, celui de tirer les prix vers le haut dans un contexte de hausse des prix à cause de la mise en place des tarifs douaniers.

C’est donc bien une croissance en trompe-l’œil car elle est soutenue par une hausse des stocks (bâtonnet bleu foncé), stocks qui ont augmenté pour anticiper les hausses de prix. Et les mesures de représailles mises en place par la Chine ont pesé sur les exportations qui ont pénalisé la croissance.

Cette hausse des prix est loin d’être anecdotique et la FED s’en est d’ailleurs émue de cette tendance qu’elle a observé dans plusieurs secteurs. Et la correction sur les bourses, et en particulier sur les valeurs américaines, est peut-être aussi liée à cette évolution des prix. Un certain nombre d’actions qui ont vu leur cours reculer sont en générale celles qui ont annoncé avoir subi une hausse des coûts.

Hausse des coûts qui intervient en plus dans un contexte de hausse des taux qui vient aussi pénaliser les entreprises avec des niveaux d’endettement élevés. Les entreprises qui pourront répercuter la hausse des coûts seront donc celles qui devraient mieux performer que les autres.

A court terme donc la volatilité sur les bourses va rester élevée avec de nouvelles séances difficiles car les facteurs d’incertitudes sont légions.

Facteurs d’incertitudes

Alors que justement il est question de hausses des taux aux Etats-Unis, le rendement du treasury 10 ans est retombé comme le montre le graphique à cause de ces facteurs d’incertitudes.

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En premier lieu, il faut toujours citer la guerre commerciale qui a déjà fait ressentir ses effets et qui fera encore les ressentir à l’avenir. Ainsi, en septembre, les profits des entreprises en Chine ont augmenté de 4.1% en chiffres annuels, contre une hausse de 9.2% le mois précédent. Ce nouveau recul explique la nouvelle forte baisse de la bourse de Shanghai qui retrouve ses niveaux de 2014 (voir graphique).

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En Europe, le risque politique domine avec en premier lieu l’Italie. Même si elle n’a pas abaissé son rating, l’agence S&P a décidé de passer les perspectives de « stables » à « négatives ». Et la question qui demeure est de savoir jusqu’où les taux italiens vont aller en cas de blocage, surtout après la confirmation, qui ne faisait pas l’ombre d’un doute, par la BCE de la fin de son programme de rachat d’actifs en janvier. Car au vu du graphique, qui va acheter de la dette italienne à partir de janvier si la BCE n’en achète plus ?

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Deuxième risque politique, toujours en Europe, est la question de la survie politique d’Angela Merkel. Le résultat des élections dans le Land de Hesse a encore un peu plus fragilisé sa position avec son parti qui a vu son score passer de 38.3% à 28%, et celui du SPD de 30.7% à 20%. Ce dernier menace maintenant de quitter la coalition si Merkel ne parvient pas inverser la tendance les prochains mois.

Le troisième risque est évidemment et toujours le Brexit. Avec cette semaine, la réunion de la BOE et la présentation du budget alors que les négociations s’enlisent et que le sterling est de nouveau légèrement sous pression.

Et si les marchés financiers ont salué la victoire de Jair Bolsonaro comme le montre le graphique de la parité en USD/BRL, on peut légitiment se poser la question du type de pouvoir que va connaitre le Brésil. Le risque est grand de voir le Brésil sombrer dans une forme de dictature comme en Turquie, avec un Président qui voudra contrôler la presse comme Trump.

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