L’inquiétude vient des Etats-Unis

Posté le 25 octobre 2018
New York City, USA - September 26, 2014: Nasdaq billboard at Times Square New York City

New York City, USA – September 26, 2014: Nasdaq billboard at Times Square New York City

C’est dans un climat particulièrement morose que se réunit la BCE ce jeudi surtout après la publication des indices PMI dans la zone euro.

Le réveil n’a pas sonné

Certains espéraient un rebond ou à tout le moins une stabilisation de ces indices, mais il n’en est rien, bien au contraire.

Comme le montre le graphique, c’est avec une belle unanimité que les indices PMI manufacturiers ont reculé effaçant du même coup les espoirs d’une reprise plus significative sur la fin de l’année.

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Et comme le secteur des services n’a pas compensé ce recul, l’indice composite pour la zone euro (voir graphique), s’est également tassé et s’affiche à son niveau le plus bas depuis 25 mois.

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Dans les facteurs cités pour expliquer ce recul reviennent la guerre commerciale, le ralentissement en Chine et le resserrement des conditions financières. Il ressort aussi de ces indices que certains industriels reportent leurs investissements vu les craintes liées à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Et pourtant, selon les chiffres publiés par la BCE, les crédits aux entreprises ont progressé de 4.3 % en chiffres annuels en septembre contre 4.1 % le mois passé.

Mais ce recul des indices PMI fait s’envoler l’espoir de voir la croissance en zone euro à 0.5 % au quatrième trimestre, et il faudra plutôt tabler sur une croissance de 0.3 %, ce qui est évidemment très décevant.

La BCE ne devrait cependant pas changer son timing et devrait confirmer la fin du programme d’assouplissement quantitatif, même si le taux italien à 10 ans a encore augmenté à 3.60 %.

Mauvaises nouvelles aux États-Unis

Les nouvelles aux États-Unis ne sont pas meilleures et ont plombé la bourse américaine avec une chute de -4.4 % du Nasdaq. Je pourrais avancer quatre mauvaises nouvelles en provenance des États-Unis.

La première est une déception concernant les résultats des sociétés et la liste est longue des sociétés qui ont déçu les marchés. Je pourrais citer Caterpillar, 3M, Texas Instruments, AT&T, avec une inquiétude particulière pour le secteur des semi-conducteurs.

Le deuxième élément est la crainte exprimée par la FED dans son Livre Beige de voir des hausses de prix suite à l’augmentation des tarifs douaniers. « Les fabricants ont fait état d’une hausse des prix des produits finis, à mesure que le coût des matières premières telles que les métaux augmentait, ce qu’ils attribuent aux droits de douane » peut-on lire dans ce rapport.

Ce qui évidemment confirme la politique de hausse des taux de la part de la FED et ce qui pèse sur les résultats des sociétés et donc sur la bourse.

Cette hausse des taux aux États-Unis n’est évidemment pas sans effet sur le marché immobilier aux États-Unis, et c’est donc le troisième élément à prendre en considération.

Les ventes de maisons neuves ont ainsi décliné de -5.5 % en septembre sous l’effet conjugué de la hausse des prix et des taux. Il s’agit du recul le plus marqué depuis 2 ans et comme le montre le graphique le recul du marché immobilier s’observe à tous les niveaux.

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Et dernier élément à prendre en considération et totalement politique est l’envoi de colis piégés à des démocrates, ce qui révèle un climat délétère donc Trump est en grande partie responsable par ses diatribes.

Vu la correction sur la bourse américaine, et la forte baisse du Nikkei ce matin, les bourses européennes vont encore connaitre une séance dans le rouge. Et l’indice IFO en Allemagne ne devrait que confirmer la tendance donnée par les indices PMI et s’afficher en recul.

Comme la FED

La BOC n’a pas hésité et a augmenté de 0.25 % son taux pour le porter à 1.75 %. Et elle semble décidée à poursuivre sur sa lancée et vise un taux neutre entre 2.5 % et 3.5 %.

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