Les risques s’accroissent

Posté le 9 octobre 2018
Washington Dc: IMF entrance with sign of International Monetary Fund and logo

Washington Dc: IMF entrance with sign of International Monetary Fund and logo

La comparaison entre les rendements des obligations allemandes et ceux des obligations italiennes est la plus communément utilisée. Mais quand on compare ces rendements des obligations italiennes avec ceux des obligations espagnoles, la prise de conscience de la tension est encore plus marquante.

Tensions sur l’Italie

Et c’est ce qu’illustre le graphique, qui montre que cet écart n’a jamais été aussi grand suite à l’envolée des taux en Italie qui se situe, pour le 10 ans, à 3.59%. Car manifestement, le gouvernement italien n’entend pas se plier aux exigences de la Commission et est bien décidé à présenter son budget en l’état.

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Les craintes d’une tension entre les deux parties ont aussi plombé les bourses européennes qui étaient déjà fragilisées par la remontée des taux et les risques que font peser la guerre commerciale.

Et la tension pourrait encore monter d’un cran si les agences de rating revoient le rating de l’Italie à la baisse, ce qui n’est absolument pas impossible. Et l’Italie serait donc confrontée à une augmentation de ses taux de financement à cause de la dégradation de son rating, mais aussi au contexte global de remontée des taux dans un environnement où le BCE ne sera plus le principal acheteur d’obligations.

Dans un environnement plus compliqué

Car en plus, cette tension sur l’Italie intervient dans un contexte particulièrement chahuté, marqué par cette remontée des taux de la part des banques centrales, par une hausse des taux longs, et par la guerre commerciale.

Et c’est d’ailleurs ce que souligne le FMI dans ses dernières prévisions, quand il parle de stabilisation de l’économie mais d’une augmentation des risques.

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Il a revu légèrement ses prévisions à la baisse mais avec une croissance qui reste élevée comme le montre le tableau récapitulatif. Le FMI met en avant le risque lié à l’augmentation des taux, et le graphique reprend par pays les différentes hausses de taux, et aussi à l’escalade dans la guerre commerciale.

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Et évidemment ces propos résonnent de façon particulière alors que les autorités chinoises semblent privilégier la voie de la baisse de leur devise comme moyen de soutien à leur économie. La banque centrale a en tout cas fixé un nouveau niveau de 6.9019 par rapport au dollar pour sa devise, ce qui montre plutôt une intention de laisser glisser cette dernière comme le montre le graphique.

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La remontée des taux dans les pays émergents est clairement pointée comme un facteur de risque par le FMI, et même si pour le moment il n’a pas reçu une demande officielle, le Pakistan pourrait être le prochain pays après l’Argentine à faire appel au FMI pour une assistance financière.

Avec en plus les effets de la guerre commerciale

Insidieusement, la guerre commerciale ronge le moral des investisseurs, mais surtout commence à peser sur l’activité économique.

Ainsi, en Allemagne, la production industrielle qui avait reculé de -1.3% en juillet affiche un nouveau recul en août de -0.3%. Même si les nouvelles normes dans le secteur automobile ont pesé sur la production, il n’en demeure pas moins que ce recul est clairement le reflet du ralentissement du commerce mondial.

Dans un contexte marqué en plus par la remontée du prix du baril et des perspectives de remontée des taux de la part de la BCE l’année prochaine.

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