Véritable prise de conscience ?

Posté le 5 octobre 2018

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C’est peut-être à une vraie prise de conscience à laquelle nous avons assisté, et ce n’est pas la première fois, avec la remontée des taux.

Prise de conscience

Si la hausse des taux aux Etats-Unis trouve son fondement dans une conjonction d’éléments que je détaillais hier, cette hausse est peut-être et avant tout un ajustement.

Un ajustement par rapport aux anticipations de la FED qui n’avaient pas été prises en compte par le marché jusqu’à présent et que ce dernier a décidé d’intégrer. Pour preuve, les probabilités d’une hausse de taux de la part de la FED en décembre sont passées de 75% à quasiment 90%.

Mais c’est vrai que l’ampleur du mouvement a de quoi surprendre et quand on observe l’évolution du rendement du treasury 10 ans (ligne mauve) et du 30 ans (ligne verte), ils ont tous les deux cassés des points de résistance. Et le mouvement ne s’est pas limité aux taux américains, et même les taux longs japonais (voir le graphique du rendement à 10 ans) ont connu une hausse.

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Dans ce contexte, nous serons particulièrement attentifs, d’une part, à l’évolution du prix du baril, qui pourrait exacerber les tensions sur les taux s’il poursuit son mouvement de hausse. Et d’autre part, aux chiffres du marché de l’emploi aux Etats-Unis.

On attend 185.000 créations d’emploi, soit un peu moins bien que les 201.000 du mois précédent, mais un taux de chômage à 3.80% contre 3.90%. Mais le plus important dans ce contexte de tension sur les taux sera la hausse du salaire horaire moyen qui devrait être de 2.80% contre 2.90%. Ce qui devrait en principe calmer, provisoirement, les tensions.

Tensions sur les émergents

Déjà fragilisés, les devises des pays émergents ont connu une nouvelle phase de tension, sans pour autant retrouver leurs niveaux du mois d’août.

La banque centrale indienne devrait procéder à une hausse de 0.25% de son taux pour le porter à 6.75%, et il n’y a plus aucune raison qu’elle ne le fasse pas dans ce contexte.

Seule la banque centrale du Mexique peut se permettre d’annoncer un statu quo car le peso mexicain n’a pas connu les mêmes tensions et est relativement stable. Et cela depuis l’accord commercial avec les Etats-Unis comme le montre le graphique de la parité en USD/MXN.

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Le dollar continue de bénéficier de cette hausse des taux, alors que l’euro continue de subir des pressions à cause de la situation en Italie. Dans ce dossier, les discussions avec la Commission vont commencer mais en toile de fond se profile les élections européennes qui pourraient limiter la réaction de cette dernière. Mais la réaction des marchés et surtout des agences de notation pourraient plutôt donner le tempo dans ces discussions.

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