Toujours un équilibre instable

Posté le 12 septembre 2018

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La très lente amélioration de la situation de la livre turque et du peso argentin ne suffira pas à rassurer les marchés tant que les joutes verbales se poursuivent dans le cadre des négociations commerciales.

Un peu moins de tension

En annonçant qu’elle allait maintenir son taux à 60% au moins jusqu’en décembre et qu’elle prendrait toutes les mesures nécessaires pour juguler l’inflation, la banque centrale d’Argentine a fait un peu baisser la pression sur la devise.

Tout comme l’espoir de voir la banque centrale de Turquie augmenter ses taux a aussi un peu fait baisser la tension sur la devise.

Mais cette baisse de la tension est fragile car le feu couve toujours et est entretenu par la hausse du dollar et les tensions commerciales.

La hausse des taux aux Etats-Unis, avec un rendement du treasury 10 ans qui se rapproche des 3%, après la publication de la hausse du salaire horaire moyen, contribue évidemment largement à la hausse du dollar.

Les devises émergentes subissent donc le double effet de la remontée des taux en dollars et le renforcement de celui-ci. Le répit est donc très fragile et précaire et ne pourra s’accentuer que si les banques centrales de ces pays mènent des politiques monétaires crédibles qui passeront inéluctablement par des hausses de taux.

Mais le cas de la roupie indienne montre que la tension est encore bien présente et en dépit des interventions de la banque centrale sur le marché des changes, la roupie indienne affiche un nouveau record à la baisse par rapport au dollar (voir graphique).

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Guerre commerciale encore et toujours

L’opposition à l’imposition de tarifs douaniers prend diverses formes mais n’ont, pour le moment, aucun effet sur la position de Trump.

La Chine évidemment s’oppose à la première salve de hausse des tarifs et a, en réaction, demandé à l’OMC de pouvoir imposer une sanction de 7 milliards de dollars aux Etats-Unis pour non-respect des règles du commerce.

Cette annonce n’est évidemment pas faite pour calmer les tensions entre les deux pays et pourrait encore un peu plus braquer les Etats-Unis, mais elle démontre que la Chine ne compte pas se laisser faire.

L’autre opposition vient de l’intérieur avec l’appel de 60 grands groupes américains à l’arrêt de ces hausses des tarifs douaniers qui ont un impact direct sur les coûts pour ces entreprises.

Prolongation

Le gouverneur de la BOE a vu son mandat prolongé de 7 mois jusqu’en janvier 2020 pour permettre à la Grande-Bretagne de gérer au mieux la phase délicate de l’après Brexit.

Cette prolongation est une très bonne nouvelle car elle assure une stabilité et une continuité dans la politique de la banque centrale. D’autant plus qu’apparaissent des tensions sur le marché de l’emploi avec des phénomènes de pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs.

La BOE va devoir donc gérer un risque d’inflation pendant une période inédite d’après Brexit avec toutes les inconnues qui vont avec.

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