Cet accord pose finalement beaucoup de questions

Posté le 29 août 2018
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L’euphorie de l’accord entre les États-Unis et le Mexique n’aura pas duré très longtemps, car cet accord remet quand même fondamentalement en cause le principe des accords multilatéraux qui ont caractérisé le commerce international ces dernières années.

Accord oui, mais

Si les Américains semblent pressés de vouloir intégrer le Canada à cet accord, c’est essentiellement parce que le processus de ratification n’est pas le même si l’accord se limite au Mexique.

En effet, comme cet accord remplace le NAFTA, et qu’il s’agissait d’un accord tripartite, s’il le limite au Mexique, il faut 60 votes au Sénat pour le ratifier. Si par contre, le Canada intègre cet accord, il ne faut que 50 votes au Sénat. Comme le Sénat compte 100 membres et que les républicains comptent 50 sièges, le risque est grand évidemment de voir un rejet de cet accord s’il se limite au Mexique.

De plus, les détails de cet accord restent encore extrêmement flous, et il semblerait que les États-Unis puissent encore imposer des tarifs pour raison de « sécurité nationale » sur des importations de véhicules mexicains. Ce qui permettrait aussi d’appliquer le même tarif pour les importations de voitures européennes ou japonaises.

Il faut aussi souligner que cet accord concerne essentiellement le secteur automobile et ne semble pas concerner les matières premières agricoles ce qui est évidemment un élément qui pourrait influencer le vote au Sénat.

La situation des agriculteurs américains reste donc très précaire avec une poursuite de la baisse du prix du soja comme le montre le graphique.

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Incertitude toujours

Comme le montre le graphique, la livre turque continue d’être sous pression et cette chute continue de percoler sur un certain nombre de pays émergents.

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La situation au Venezuela continue de se dégrader et c’est à une véritable déliquescence à laquelle nous assistons. Moins dramatique, mais interpellant aussi, le peso argentin continue sa chute comme le montre le graphique de la parité en USD/ARS après l’annonce d’une contraction probable de -1 % du PIB cette année.

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Et la situation ne s’améliore pas pour le réal brésilien, ni pour le rouble, ni pour le rand sud-africain.

Et derrière cette chute des devises des pays émergents, il faudra être très attentif à l’impact que cela aura sur les résultats des sociétés qui sont implantées dans ces pays et qui vont devoir acter cet effet change.

Questions sur la France

Ce n’est évidemment pas parce que Nicolas Hulot a démissionné que je m’intéresse à la France, même si c’est un signal très négatif que cette démission.

Mais la comparaison avec l’Allemagne interpelle surtout que les divergences se manifestent de nouveau de façon plus marquée. Alors que les indices de confiance se redressent en Allemagne, ce n’est nullement le cas en France.

Alors que l’Allemagne affiche une croissance de 0.5 % au deuxième trimestre, la France se traine avec un taux de 0.2 %, aussi mauvais que l’Italie. Ne parlons même pas du déficit commercial qui continue de s’aggraver malgré la relative faiblesse de l’euro.

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