Tensions à tous les niveaux

Posté le 2 août 2018

Business chart with glowing arrows and world map

Petits mouvements sur les marchés obligataires après la réunion de la FED et des basculements de positions.

Mouvement sur les taux

La FED a confirmé sa vision positive de l’état de l’économie américaine en ignorant les propos de Trump sur les taux et le contexte de tension commerciale.

En laissant ses taux inchangés, tout en confirmant le scénario de deux hausses de taux encore cette année, la FED a légèrement poussé les rendements obligataires à la hausse. C’est le cas du rendement du treasury 10 ans qui est revenu à 3%, mais également celui du 2 ans (voir graphique) qui est à son plus haut depuis plus de 10 ans.

graphe20180802

Cette hausse s’explique aussi par l’annonce par le Trésor américain de son intention d’augmenter de façon significative le montant de ses emprunts dans les prochains mois pour faire face aux besoins de financement de l’Etat.

Autre mouvement sur les taux, le rendement de l’obligation japonaise à 10 ans s’est « envolé » à 0.13%, qui est quand même son niveau le plus élevé depuis 2 ans. Les opérateurs testent les intentions de la BOJ et sa capacité d’agir après son annonce d’une certaine flexibilité dans sa politique monétaire. Conséquence, on a assisté à des basculements de positions, les investisseurs japonais vendant des obligations européennes, faisant donc monter les rendements de ces dernières, pour se positionner sur le marché obligataire japonais si les hausses de rendement se poursuivent.

Autres facteurs qui ont soutenu les taux obligataires, ce sont les réunions des banques centrales. La banque centrale indienne a bien augmenté de 0.25% son taux directeur pour le porter à 6.50%, tout en restant neutre pour la suite.

La BOE, qui se réunit ce jour, contribue aussi à ce climat haussier car elle devrait augmenter son taux de 0.25% pour le porter à 0.75%. Cette décision n’est évidemment pas simple car la BOE est tiraillée entre un marché de plein emploi, et un taux d’inflation supérieur à son objectif, et une croissance faible et des indices de confiance qui s’affichent en recul.

Mais elle dispose « d’une fenêtre » pour le moment, vu l’état d’avancement ou plutôt l’absence d’avancement dans les discussions sur le Brexit, pour augmenter ses taux. Il ne faut cependant pas exclure qu’en cas de hard Brexit, elle procède à des baisses de taux pour soutenir une économie qui risquerait alors le plein marasme.

Guerre commerciale, ixième épisode

L’accentuation du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine contribue à cette hausse de taux, car la FED pourrait être obligée d’accélérer son mouvement de hausse si les tarifs douaniers sont appliqués.

Et cela semble être le cas puisque l’administration américaine a bien confirmé qu’elle allait imposer des tarifs douaniers de 25%, et non pas de 10%, sur l’équivalent de 200 milliards d’importations chinoises.

Cette annonce est évidemment une très mauvaise nouvelle pour la Chine, même si elle est bien décidée de répondre à son tour par la mise en place de nouvelles mesures de rétorsion. Le fait d’avoir laissé filer sa devise, volontairement ou pas, lui permettait de compenser une hausse des tarifs de 10%. L’ancien chief economist du FMI, Olivier Blanchard avait calculé qu’une dépréciation entre 6 et 7% du yuan pouvait mathématiquement annuler la hausse de 10% des tarifs douaniers. Or depuis le mois de mai, le yuan a perdu 10% de sa valeur par rapport au dollar.

Mais pour compenser de façon théorique une hausse de 25% des tarifs douaniers, la dépréciation du yuan devrait s’accentuer vers des niveaux inédits (voir graphique) de 7.2 par rapport au dollar.

graphe20180802a

Interrogations sur la Norvège

Les indicateurs économiques sur la Norvège sont particulièrement décevants avec un recul très marqué de l’indice PMI, comme le montre le graphique.

graphe20180802b

Mais ce qui est préoccupant c’est que cette chute de cet indice a suivi un recul de -2.9% des ventes de détail en mai et de -0.7% de la production industrielle.

Alors que l’amorce d’une certaine normalisation des taux était envisagée dans les prochains mois, ces indices risquent fort de remettre en cause ce processus.

tableaux20180802