Au moins ils se parlent !

Posté le 26 juillet 2018

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Réelle volonté de négocier et d’aboutir à un accord équilibré de la part des américains ? La question reste posée tellement la méfiance reste de mise.

Volonté de négocier

Même s’il est encore trop tôt pour crier victoire, mais le simple fait que Trump ait accepté de négocier est déjà une avancée majeure. Et deuxième élément qui me semble extrêmement important, Juncker a négocié au nom de l’UE qui se trouvait ainsi représentée par une seule et unique voix.

C’est d’autant plus important que Trump a toujours essayé de diviser les européens et rêvait d’accords bilatéraux pour mieux imposer sa vision.

Les américains ont convenu de s’abstenir d’imposer des droits de douane sur les voitures pendant que les deux parties lancent des négociations pour réduire d’autres barrières commerciales. Ces pourparlers concerneraient aussi les droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium et les droits de rétorsion de l’Europe.

En échange, l’Europe a accepté d’augmenter les achats de gaz naturel liquéfié des États-Unis et de réduire les obstacles au commerce du soja américain. Vu la chute du prix du soja américain depuis l’annonce des mesures de rétorsion de la Chine (voir graphique), cette annonce devrait rassurer les agriculteurs américains et aussi soulager un peu Trump qui doit faire face à leur mécontentement.

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Même si les droits d’importation américains de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium imposés en mars resteront en place pendant les pourparlers, les américains ont accepté de les réévaluer, ce qui est quand même le signe d’une volonté de négocier.

Ces pourparlers entre les États-Unis et l’UE viseraient à éliminer les droits de douane, les barrières commerciales et les subventions pour les produits industriels non automobiles, et à réduire les obstacles au commerce transatlantique des services, des produits chimiques, des produits pharmaceutiques et médicaux.

Il faudra maintenant espérer que ces bonnes intentions soient effectivement suivies d’actes concrets et que Trump tienne ses engagements, mais la tension pourrait diminuer un peu. En tout cas entre l’UE et les Etats-Unis, ce qui pourrait peut-être permettre à Trump de mieux cibler la Chine, car il est toujours compliqué de mener de front deux conflits.

Réunion de la BCE

La BCE se réunit ce jeudi mais cette réunion va se tenir dans l’indifférence générale car nous n’attendons absolument rien de neuf vu les annonces faites lors de la réunion précédente.

Elle pourra au mieux se réjouir de voir que son programme d’assouplissement quantitatif a porté ses fruits et donné une réelle impulsion à l’économie européenne. C’est en tout cas ce qui ressort des chiffres des crédits dans la zone euro.

Les crédits aux entreprises non financières ont augmenté de 4.1% en juin contre 3.7% précédemment, en taux annuel, soit le taux le plus élevé depuis la mi-2009. Même si les crédits aux ménages sont restés stables avec une progression de 2.9%, ces chiffres reflètent la dynamique des entreprises européennes.

Le seul point qui pourrait être évoqué par Mario Draghi pourrait être la façon dont la BCE va gérer ses réinvestissements des échéances à partir de janvier 2019. Car même si la BCE a annoncé la fin de son programme d’assouplissement quantitatif pour la fin de décembre 2018, elle va continuer à acheter des obligations par le simple fait des échéances de son portefeuille.

Recul des indices de confiance

La BCE se montrera d’autant plus prudente et n’annoncera rien de particulier vu la tendance sur les indices de confiance.

Après les indices PMI, que cela soit l’indice de confiance de la Banque nationale de Belgique ou l’indice IFO en Allemagne (voir les deux graphiques), le tassement se poursuit. Ce n’est en rien catastrophique mais cela reflète un essoufflement de la croissance et un manque évident de dynamique.

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Si évidemment un accord devait émerger dans les prochaines semaines entre les Etats-Unis et l’Europe cela pourrait faire légèrement remonter la confiance. Tout en sachant qu’une escalade entre les Etats-Unis et la Chine ne sera peut-être pas évitée et que cela pèsera sur l’économie mondiale. Faut-il y voir un lien, mais le fait d’avoir eu des discussions positives entre les Etats-Unis et l’UE a renforcé un tout petit peu le yuan.

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