Risques sur les ratings de certains pays émergents

Posté le 25 juillet 2018
Residential buildings in front of Milad Tower in air-polluted skyline of Tehran.

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Contre toute attente, la banque centrale de Turquie a laissé ses taux inchangés.

Décision politique ?

Alors qu’une hausse des taux était indispensable pour contenir l’inflation et éviter la poursuite de l’érosion de la devise, la banque centrale a maintenu ses taux inchangés.

Sans surprise, la livre turque a reculé et a atteint un nouveau record, comme le montre le graphique de la parité en EUR/TRY, car cette décision peut être interprétée comme le signal de la perte de son indépendance.

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Le risque de voir le rating abaissé augmente fortement après cette décision et le coût des refinancements risque d’être prohibitif.

Autre pays en difficulté

Alors qu’il n’est pas question de récession en Turquie, par contre la question commence à se poser sérieusement pour l’Argentine. Au mois de mai, la croissance a reculé de -5.8 % par rapport au même mois de l’année passée.

Les prévisions du gouvernement d’une croissance de 3 % cette année semblent totalement irréalistes, et même la prévision de croissance de 0.4 % du FMI pourrait se révéler trop optimiste.

Comme manifestement tous les pans de l’économie ont souffert, la probabilité de connaitre en 2018 une récession est de plus en plus forte.

Positif mais atone

Voilà en résumé comment se comportent les indices de confiance dans la zone euro.

Le graphique de l’indice PMI composite pour la zone euro résume admirablement la situation. Fini l’euphorie de début d’année, le parcours qui s’annonçait serein est truffé de mines qui obligent à ralentir le rythme de la progression.

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Pour autant, la croissance va rester au rendez-vous et au troisième trimestre elle devrait être de 0.4 %, soit légèrement en dessous des prévisions.

La rencontre entre Trump et Juncker ne devrait pas changer la perception, car il y a peu de chance de voir des avancées majeures lors de cette rencontre.

L’indice IFO en Allemagne attendu aujourd’hui ne devrait pas connaitre une évolution différente et est attendu légèrement en recul.

Guerre commerciale

Preuve que Trump n’est pas prêt à changer, il a annoncé une aide de 12 milliards de dollars pour les agriculteurs américains victimes des représailles commerciales. Mais cette mesure risque d’être largement insuffisante vu l’ampleur des dégâts pour les agriculteurs. Car la liste des produits touchés est longue et comporte aussi bien le soja, que les produits laitiers, la viande, les fruits et les légumes.

En 2017, les exportations américaines de produits agricoles s’élevaient à 138 milliards de dollars, dont 21.5 milliards de dollars d’exportations de soja.

Mais comme le dit l’adage, le malheur des uns fait le bonheur des autres, la plus grande coopérative du Brésil a vu ses revenus augmenter de 25 % en 2018 grâce à une hausse de la demande émanant de Chine.

Comme en plus le real brésilien s’est affaibli par rapport au dollar depuis le début de cette année, le Brésil est doublement bénéficiaire et taille des croupières aux agriculteurs américains.

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