Petit coup de chaud sur les taux obligataires

Posté le 24 juillet 2018

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Petit réveil sur le marché obligataire initié par les rumeurs sur les intentions de la BOJ d’adapter sa politique.

Hausse des taux longs

On avait vu qu’hier cette perspective avait légèrement tiré les taux longs à la hausse au Japon, mais le mouvement s’est répercuté à l’ensemble du marché obligataire.

En dehors de l’effet de contagion, la hausse des taux aux États-Unis s’explique par les attentes très fortes sur le chiffre du PIB au deuxième trimestre, qui va être publié ce vendredi. Mais également par les craintes que la BOJ ne délaisse les obligations américaines au profit des actifs en yen. L’annonce la semaine passée que la Russie avait réduit de moitié son encours de treasury a contribué aussi à tirer les taux vers le haut.

La perspective de voir la banque centrale de Turquie augmenter ses taux entretient ce climat haussier.

Et avec un taux de croissance aussi élevé aux États-Unis, il n’y a aucune raison pour la FED de ne pas continuer son processus de normalisation des taux, n’en déplaise à Trump.

Est évoquée aussi la possibilité de voir la Chine adopter un vaste plan fiscal pour stimuler la croissance et soutenir les entreprises pénalisées par la hausse des tarifs douaniers.

Ce qui n’a pas empêché le yuan de continuer de se déprécier (voir graphique) en dépit de dénégation des autorités chinoises accusée d’avoir provoqué cette glissade, mais qui ne serait que la résultante des forces du marché selon elles.

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Et l’approche de la réunion de la BOE contribue à ce climat légèrement haussier sur les taux, mais pas évidemment la réunion de la BCE qui se tient cette semaine et qui ne devrait pas apporter le moindre élément neuf.

La relative bonne tenue des bourses a aussi contribué à cette légère hausse des taux obligataires.

Marché immobilier en retrait

Inéluctablement, la hausse des taux se répercute sur le marché immobilier américain. Contre toute attente, les ventes de maisons existantes ont reculé de -0.6 %, affichant ainsi leur troisième mois de baisse.

Sur un an le recul est de -2.2 % et s’explique par une diminution des stocks de maisons à vendre, et combiné à cela une hausse importante des prix.

Sur un an, le prix médian d’une maison a augmenté de 5.2 % avec en prime une hausse des taux des crédits hypothécaires et des salaires qui ont moins progressé que ces taux.

Indices PMI mesurés

Alors que les indices PMI pour la zone euro devraient être soit stables, soit en très léger recul, l’indice PMI au Japon pour l’industrie a sérieusement reculé.

Au lieu d’un niveau de 53 comme en juin, l’indice PMI manufacturier est retombé à 51.6, soit son niveau le plus bas depuis 1 an et demi.

Et c’est sans surprise le recul des commandes à l’exportation qui plombe cet indice et qui reflète les premiers effets concrets de la mise en place des tarifs douaniers.

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