Un dollar fort contrecarre les plans de Trump

Posté le 20 juillet 2018

devise

En dehors d’une fascination pour Poutin, Trump semble aussi avoir une certaine tendance à vouloir faire la même chose qu’Erdogan.

Dollar trop fort

Non seulement, Trump s’est inquiété de la fermeté du dollar, et surtout par rapport au yuan (qui a encore reculé comme le montre le graphique avec les deux références), mais il s’en est pris aussi à la politique de la FED.

graphe20180720

« Je ne suis pas emballé. Parce que chez nous ça monte et à chaque fois ils parlent de relever encore les taux. Je ne suis pas content de cela. Mais en même temps je les laisse faire ce qu’ils pensent être le mieux ». Cette ingérence est évidemment inacceptable dans n’importe quel pays car l’indépendance d’une banque centrale est le garant d’une politique monétaire qui n’est pas dictée par des raisons électorales.

Mais évidemment, un dollar fort vient contrecarrer en partie l’effet de la hausse des tarifs douaniers. De plus, la baisse du yuan pourrait inciter d’autres devises à dévaluer et encore donc renforcer le dollar.

Ce qui est déjà le cas quand on observe l’évolution du dollar par rapport à un panier de devises (voir graphique), et cette hausse depuis le début de l’année pourrait être mise en parallèle avec les décisions d’imposer des tarifs douaniers.

graphe20180720a

Conséquence en partie de la hausse du dollar, mais pas seulement, les prix des matières premières continuent leur correction comme le montre le graphique du prix du cuivre.

graphe20180720b

Sterling sous pression

L’incertitude politique pèse lourdement sur le sterling alors que globalement les indicateurs montrent une légère amélioration.

Ainsi, si les ventes de détail ont reculé de -0.5% au mois de juin, mais sur le second trimestre elles ont progressé de 2.1%, soit la meilleure performance depuis 2004 comme le montre le graphique.

graphe20180720c

Ce chiffre laisse espérer une croissance plus solide au second trimestre, mais demeure cependant insuffisant pour lever les craintes liées aux incertitudes que provoque le Brexit.

Combat permanent

La BOJ ne parvient décidemment pas à entrainer une hausse de l’inflation malgré une politique monétaire ultra accommodante.

L’inflation est bien passée de 0.7% à 0.8%, mais l’inflation de base a reculé à 0.2% contre 0.3%. L’objectif de 2% de la BOJ semble totalement irréaliste et s’éloigne encore un peu plus. La BOJ ne peut que maintenir sa politique monétaire actuelle dans ce contexte, ce qui évidemment affaibli le yen.

Encore donc une devise qui recule par rapport au dollar et aussi une façon d’essayer de compenser les taxes douanières.

Baisse de rating

Et pour boucler la réflexion sur le dollar, et constat émanent de Fitch, la guerre commerciale ou les guerres commerciales ne devraient pas impacter les ratings des pays émergents. Mais par contre une hausse du dollar bien.

Fitch a établi une corrélation entre la hausse du dollar et les baisses des ratings dans les pays émergents comme l’illustre le graphique. Et cela s’explique car une partie des dettes de ces pays sont libellées en dollar et une dévaluation de leurs devises augmente le coût de la dette.

graphe20180720d

Si on prend simplement le cas de la Turquie, elle est doit refinancer cette année une dette de 200 milliards de dollars, et donc pas étonnant que vu la chute de sa devise elle risque de voir son rating encore être abaissé.

tableaux20180720