Le yin et le yang du yuan

Posté le 19 juillet 2018

chine

Le risque d’escalade demeure le frein essentiel au retour à une certaine accalmie sur les marchés financiers et les effets réels de la guerre commerciale commencent seulement à s’en faire ressentir.

Premiers effets

Un effet dont j’ai déjà abondamment parlé, est évidemment la baisse continue du yuan par rapport au dollar. Il a franchi une nouvelle étape et se situe à son niveau le plus faible depuis 1 an comme le montre la ligne grise sur le graphique. Mais il faudra être attentif si l’écart entre le cours du yuan en interne, ligne grise, et le cours du yuan pour les transactions internationales, ligne verte, ne continue pas d’augmenter.

graphe20180719

En général, les deux cours sont quasiment identiques, sauf pendant les périodes de tension, où les périodes pendant lesquelles la banque centrale est intervenue sur le marché comme durant la période d’août 2015 à début 2016. Laisser filer sa devise est une façon de contrer la hausse des tarifs douaniers et aussi de montrer que depuis un an, la Chine avait laissé s’apprécier sa devise en signe de bonne volonté.

Le deuxième effet est que, Powell, tout en se montrant toujours optimiste sur l’état de l’économie américaine, a bien dû reconnaitre que « le résultat net d’une économie plus protectionniste, est une économie moins compétitive, moins productive. C’est un flambeau que nous portons dans le monde entier depuis 75 ans. Si c’est là où ça va, on ne sait pas où ça nous mènerait. »

Le troisième effet commence à se faire ressentir dans les chiffres du commerce international. Si les exportations du Japon ont augmenté de 6.5% et les importations de 2.5% en juin sur un an, les exportations vers les Etats-Unis ont reculé -0.9%, reflétant les premiers effets de cette guerre commerciale. Et l’indice Tankan, voir graphique, en recul, reflète bien évidemment les craintes que font peser une escalade de la guerre commerciale.

graphe20180719a

Sterling sous pression

Le sterling est passé au-dessus des 0.89 par rapport à l’euro, déjà fragilisé par les incertitudes politiques en Grande-Bretagne, il a souffert du recul de l’inflation. Ce recul de l’inflation est en soi une bonne nouvelle, car elle a un impact très négatif sur le pouvoir d’achat des ménages.

Mais si le sterling a reculé, c’est que cette baisse de l’inflation sous le seuil des 2% pour le Core CPI ne devrait pas inciter la BOE à remonter ses taux.

graphe20180719c

Cette question d’une hausse des taux est omniprésente depuis le début de cette année, mais le net ralentissement économique et l’incertitude politique ont incité la BOE à repousser sa décision. Ce chiffre devrait plutôt inciter la BOE, une nouvelle fois, à passer son tour, ce qui ne serait pas une mauvaise chose.

Vraiment pas d’urgence

Pas d’urgence du tout pour la BCE avec une inflation qui certes a progressé à 2% contre 1.9%, mais avec une inflation de base qui a reculé à 0.9% contre 1.1%.

Le tableau publié par Eurostat montre qu’après les pays de l’Est vient la Belgique pour les pays avec le plus haut taux d’inflation.

graphe20180719d

tableaux20180719