Powell confiant dans sa politique …

Posté le 18 juillet 2018
Financial concept of growth on the American Stock Exchange.Comparison exchange charts the USA and China.

Financial concept of growth on the American Stock Exchange.Comparison exchange charts the USA and China.

« Avec une politique monétaire appropriée, le marché de l’emploi restera fort et l’inflation restera proche de 2 % au cours des prochaines années « , a déclaré M. Powell.

Message fort et rassurant

C’est en ces termes que c’est exprimé le président de la FED, qui s’est montré résolument optimiste et qui a donc conforté le scénario de deux hausses de taux encore cette année.

Cette hausse graduelle des taux semble être la clef de voute qui devrait permettre à l’économie américaine de poursuivre sur sa lancée, et vu l’inconsistance de Trump, Powell a peut être estimé que la question d’une accentuation de la guerre commerciale ne se posait pas vraiment.

Le marché obligataire s’est montré peu réceptif aux propos de Powell, même si le rendement du treasury 2 ans a retrouvé son niveau d’il y a 10 ans comme le montre le graphique et que le dollar s’est sensiblement renforcé.

graphe20180718

Ce dernier s’est aussi sans doute renforcé après la publication de la hausse de 0.5% de la production industrielle aux Etats-Unis, ainsi qu’une hausse des utilisations des capacités industrielles. Comme le montre le graphique, ces dernières ont nettement augmenté mais n’ont pas encore retrouvé leurs niveaux de 2007. Il y a donc encore du potentiel, mais la crainte d’une guerre commerciale freine quand même les investissements.

graphe20180718a

La réponse du berger

Le Japon et l’UE ont en effet signé un vaste accord de libre échange, qui est une réponse aux Etats-Unis comme l’a souligné Donald Tusk, « nous envoyons un message clair que nous nous opposons au protectionnisme. L’UE et le Japon restent ouverts à la coopération ».

Cet accord prévoit la suppression des droits de douane de l’UE de 10 % sur les voitures japonaises et de 3 % sur la plupart des pièces détachées. Il supprime également les droits japonais d’environ 30 pour cent ou plus sur le fromage de l’UE et 15 pour cent sur les vins, et garantirait l’accès aux grands appels d’offres publics au Japon.

Le secteur alimentaire européen est l’un des plus grands gagnants de l’accord, ce qui devrait lui permettre de tirer parti de la demande japonaise de fromages, chocolats, viandes et pâtes alimentaires de haute qualité.

Les constructeurs automobiles et les équipementiers japonais devraient également augmenter leurs ventes en Europe, où ils sont à la traîne par rapport à leurs concurrents européens.

Selon une note préparatoire publiée par la Commission européenne, les exportations européennes vers le Japon s’élèvent à 58 milliards d’euros, et celles du Japon vers l’Europe à 28 milliards d’euros. L’accord devrait entrainer une hausse de 170% des exportations d’aliments transformés vers le Japon, soit environ 10 milliards d’euros.

Tout n’est pas rose pour autant

Conséquence de la hausse du dollar ou volonté délibéré des autorités, mais le yuan a atteint un nouveau niveau le plus bas depuis le début de l’année par rapport au dollar comme le montre le graphique.

graphe20180718b

Le sterling est aussi sous pression avec les inquiétudes sur le sort de Theresa May qui a sauvé sa tête, hier, de justesse après un vote du parlement. Mais ce dernier est sous pression après des propos du gouverneur de la BOE qui a estimé qu’un hard Brexit aurait de lourdes conséquences sur l’économie britannique et provoquerait une révision drastique des perspectives économiques et des taux.

Il est très compliqué, alors que Theresa May veut contenter les pro et les anti, et que des voix s’élèvent pour réclamer un second référendum, d’anticiper la décision de la BOE lors de sa réunion du mois  d’août. Et la donne se complexifie encore alors que l’on attend une hausse de l’inflation. Si le core CPI est attendu inchangé à 2.10%, par contre l’inflation générale devrait augmenter à 2.60% contre 2.40%, et les prix de détail de 3.30% à 3.50%.

Bien malin qui pourrait dire ce que va décider la BOE dans ce contexte, mais la probabilité est de 50% de hausse, ce que ne reflète finalement pas le recul du sterling.

Mais peut-être que finalement le Brexit a été voulu par les anglais pour ne plus s’ennuyer comme le pensait Cioran qui a écrit « les Anglais sont un peuple de pirates qui, après avoir pillé le monde, ont commencé à s’ennuyer ».

tableaux20180718