Où va s’arrêter la livre turque ?

Posté le 16 juillet 2018

turquie

La croissance de l’économie chinoise au deuxième trimestre a marqué légèrement le pas comme attendu.

Croissance moindre

C’est sans surprise que la Chine a publié le chiffre de croissance au deuxième trimestre qui a été de 6.7% en chiffres annuels contre 6.8%.

Si ce recul semble anecdotique et presque dérisoire, il est cependant le reflet d’un ralentissement constant de la croissance comme le montre le graphique. La production industrielle au mois de juin a augmenté de 6%, soit le chiffre le plus faible depuis 2 ans.

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L’on constate une lente érosion de la croissance, qui en temps normal ne serait pas un sujet d’inquiétude mais qui dans le contexte de guerre commerciale que nous connaissons inquiète un peu plus.

Les ventes de détail ont augmenté de 9%, conformes aux prévisions, et montrent que la demande intérieure reste soutenue. Mais par contre, les investissements des entreprises restent en deçà des attentes, ce qui devrait inciter les autorités à alléger les conditions du crédit.

Et il n’est peut-être pas étonnant que les autorités laissent le yuan se déprécier car c’est évidemment une façon de soutenir des exportations qui vont être négativement impactées dans la seconde partie de l’année. Et alors qu’il s’était un peu repris vendredi, ce matin, le yuan approche les 6.69 par rapport au dollar.

Hausse graduelle des taux

Dans son rapport semestriel, la FED a confirmé son analyse d’une croissance de l’économie qui demeurait solide et qui allait bénéficier de l’impact positif de la réforme fiscale. Que le marché de l’emploi demeurait toujours aussi solide, sans cependant de fortes pressions inflationnistes, ce qui conforte son scénario d’une hausse graduelle des taux.

Elle s’est montrée cependant assez évasive sur les impacts éventuels de la guerre commerciale.

Ce rapport confirme qu’elle va encore augmenter deux fois ses taux cette année, en septembre et en décembre, mais cela n’a eu aucun impact sur les taux obligataires.

Pas de répit

La livre turque continue de s’enfoncer et a atteint un nouveau record par rapport à l’euro comme le montre le graphique.

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Elle a accentué son recul après l’annonce d’une baisse de rating par Fitch. Ce dernier a fait passer le rating de BB+ à BB avec des perspectives négatives. Fitch met en avant pour justifier sa décision la récente dégradation de la situation après les élections et la perte de crédibilité de la politique économique.

Pour parvenir à réduire de façon substantielle l’inflation, qui est à son niveau le plus élevé depuis 14 ans, la Turquie a besoin d’une politique monétaire crédible et indépendante souligne Fitch, ce qui n’est évidemment pas du tout la direction prise par Erdogan.

Fitch prévoit une croissance de 4.5% cette année, ce qui serait une fameuse contraction par rapport au 7.4% de l’année passée.

Survie politique

Theresa May va peut-être jouer sa survie politique ce lundi avec un débat et un vote très attendu qui doit entériner son plan de sortie de l’UE. Pour l’instant, le sterling est très stable car la situation demeure encore très flou surtout depuis la démission de deux membres pro-Brexit du gouvernement.

Elle va devoir convaincre que le Brexit n’est pas comme la Coupe du Monde. Où la Grande-Bretagne est éliminée mais doit quand même payer parce que les Diables rouges ont marqué plus de 15 buts et que Krëfel va rembourser ses clients mais s’est couvert auprès d’une compagnie d’assurance … londonienne.

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