Croissance forte malgré tout

Posté le 13 juillet 2018

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La Commission européenne a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019, ce qui n’étonnera personne.

Révisions

Pour la zone euro, la Commission table désormais sur une croissance de 2.1% contre 2.3% en 2018, et sur un taux inchangé de 2% en 2019. Le facteur essentiel mis en avant pour justifier cette révision est la guerre commerciale qui pèse sur la croissance et qui pourrait être encore plus lourd en cas d’escalade.

Le tableau reprend, les taux de croissance et d’inflation en 2017, et les nouvelles prévisions de la Commission pour 2018. Dans ce tableau, il faut souligner le recul quand même assez sensible de la croissance en Irlande et dans les pays de l’Est. Ainsi que les deux lanternes rouges que sont l’Italie et la Grande-Bretagne.

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Selon la Commission, la croissance en Grande-Bretagne devrait tomber à 1.3% cette année après un taux de 1.7% en 2017, et à 1.2% en 2019.

Et c’est évident que s’il n’y avait pas le spectre de cette guerre commerciale, le contexte économique demeure excellent comme l’a encore montré le chiffre de la production industrielle en zone euro. Cette dernière a progressé de 1.3% entre avril et mai, soit un taux annuel de 2.4% contre 1.7% précédemment. Avec un particulier une croissance soutenue dans les pays de l’Est et en Irlande.

La BCE n’a dit rien d’autre quand on lit les minutes de sa dernière réunion concernant le risque que fait courir la guerre commerciale et cela explique sans doute le léger flou entretenu sur le moment où pourrait intervenir la première hausse de taux. Le message de la BCE est assez clair ; « il y a eu une mise en garde largement partagée sur le fait qu’il y avait des signes montrant que le ralentissement identifié au premier trimestre allait probablement se prolonger au deuxième trimestre dans un certain nombre de pays et impliquerait des risques baissiers à court terme ».

Pied de nez ou anticipation

Même si l’on observe un ralentissement dans le flux des exportations, par contre l’excédent commercial entre la Chine et les Etats-Unis s’est encore accentué.

En détail, cela donne des exportations chinoises en hausse de 11.3% contre 12.6% le mois passé en chiffres annuels. Le ralentissement est donc assez limité et il semblerait qu’un phénomène d’anticipation ait maintenu ce très bon niveau des exportations.

Les importations affichent une hausse de 14.1% contre 26% en chiffres annuels, reflet d’une décélération de la demande intérieure.

Mais le plus drôle de tout est que l’excédent avec les États-Unis s’élève à 28,97 milliards de dollars en juin, contre 24,58 milliards de dollars en mai, soit l’excédent le plus élevé jamais enregistré aux États-Unis pour un seul mois, sur des données officielles remontant à 2008.

Et pour la période de janvier à juin, il est passé à 133,76 milliards de dollars, comparativement à environ 117,51 milliards de dollars pour la même période l’an dernier.

Mais comme pour le moment il est question d’une reprise possible du dialogue entre les Etats-Unis et la Chine, que la Chine n’a pas réagi à l’annonce de nouvelles taxes de 10%, et que Trump est occupé à critiquer May (« un Brexit soft tuera tout accord commercial entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et Boris serait un excellent premier ministre »), les marchés boursiers se sont rassurés et tournés vers les résultats.

Rassurés aussi

Ils ont été aussi rassurés par la stabilisation de l’inflation aux Etats-Unis avec une hausse de 0.1%, soit un taux annuel de 2.9% inchangé, et un taux de base stable aussi à 2.3%.

Ils ont aussi été rassurés par des propos de Powell « je pense que l’économie se porte très bien « . Lorsque vous réduisez les impôts et augmentez les dépenses, vous verrez plus d’activité économique selon toute vraisemblance. Vous allez voir un soutien important pour. ..l’activité économique probablement pour au moins les trois prochaines années. »

Et ils ont été aussi rassurés par une petite reprise du yuan qui se traite à 6.67 par rapport au dollar contre 6.69 hier.

Mais pour autant

La situation des pays émergents demeure encore extrêmement préoccupante, et ils sont et seront directement impactés par la guerre commerciale, mais aussi la remontée des taux aux Etats-Unis.

L’inflation en Inde est ressortie à 5% et comme le montre le graphique, elle a fortement progressé depuis l’année passée sous l’effet de la hausse du prix du baril et la forte dépréciation de la devise. Sachant que l’objectif de la banque centrale est de 4%, il faut donc s’attendre à de nouvelles hausses de taux.

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La Turquie est un autre sujet de préoccupation, même si nous n’avons pas encore connu un nouveau recul à la baisse de la devise hier. Comme l’illustre le graphique, la croissance du crédit sur un an a été de 20% et place la Turquie juste après des pays qui posent énormément de question.

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Et malgré la remontée des taux, compte tenu de l’inflation, le taux réel est inférieur à 1% ce qui n’est pas vraiment un taux attractif pour les investisseurs.

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  • Max Babaji

    Au niveau Boursier tant au niveau européen que sur le bEL 20 , l’année 2018 n’est pas bonne Espérons que le second semestre sera meilleur …