Les matières premières victimes de la guerre commerciale

Posté le 5 juillet 2018
Pouring soy bean into tractor trailer

Pouring soy bean into tractor trailer

La première salve des tarifs douaniers sera d’application à partir de demain et, en dehors de leurs impacts négatifs sur la croissance et sur les bourses, ces tarifs pèsent lourdement sur les prix des matières premières.

Le cas emblématique du soja

Comme le montre le graphique, le prix du soja aux Etats-Unis a fait le plongeon depuis l’annonce de la Chine qu’elle allait imposer des droits de douane de 25% sur les importations de soja américain en rétorsion aux mesures tarifaires américaines.

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Cette mesure prendra effet à partir de demain, ce qui explique la dégringolade du soja américain, alors qu’à contrario les prix du soja produit dans d’autres régions ont eu tendance à augmenter. Il faut dire que non seulement les conditions climatiques ont été excellentes ce qui a augmenté la production, mais qu’en plus les agriculteurs américains ont privilégié les plantations de soja au détriment du blé, deux facteurs qui avaient déjà pesé sur les prix.

Comme la Chine, qui est le grand consommateur de soja au monde, pourrait annuler des commandes de soja américain, les prix se sont littéralement effondrés.

Le recul des matières premières comme le cuivre ou le zinc (voir graphique) n’est pas dû directement à la mise en place de tarifs douaniers, mais à la crainte que ces tarifs douaniers ne viennent peser sur la croissance. Et c’est surtout la crainte d’une croissance moindre qui viendrait affecter la demande chinoise qui explique ce recul des prix des matières premières.

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Elles sont toutes en recul à l’exception du prix du baril au grand dam de Trump qui a encore envoyé un tweet rageur à l’intention de l’OPEP, « REDUCE PRICING NOW! ».

Croissance encore solide

Même si le FMI a légèrement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Allemagne à 2.2% pour 2018 contre 2.5%, les perspectives restent positives pour la zone euro.

La très bonne tenue de l’indice PMI des services en zone euro, qui est passé de 53.8 à 55.2, est venue contrebalancer la contreperformance de l’indice PMI manufacturier.

Ce qui fait que l’indice PMI composite s’est redressé et retrouve son niveau de début de l’année passée comme le montre le graphique. Sur base de ces indices et sans nier l’impact négatif que fait peser la guerre commerciale sur l’industrie, la croissance dans la zone euro au deuxième trimestre pourrait être de 0.5%.

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Indicateurs importants sur les Etats-Unis

Si la mise en place des tarifs douaniers à partir de demain va focaliser toutes les attentions, il ne faut cependant pas négliger les indicateurs qui pourraient conforter le scénario d’encore deux hausses de taux de la part de la FED cette année.

Un des éléments qui pourrait justifier ce scénario est l’état du marché de l’emploi d’où l’importance de la publication des créations d’emploi par le secteur privé, publié par ADP et attendu à 190.000 contre 178.000, mais surtout des chiffres demain.

A côté de cela, la très bonne tenue des indices ISM plaident aussi en faveur de la hausse des taux, et nous serons donc, dans ce contexte, très attentif aux minutes de la dernière réunion de la FED publiées aujourd’hui.

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