Il faut suivre de près la situation en Chine

Posté le 27 juin 2018
Young male broker looking at a stock market of china with declining arrows

Young male broker looking at a stock market of china with declining arrows

La Chine, qui est en première ligne de mire des Américains, cherche toutes les parades possibles et n’exclut pas de soutenir les sociétés en difficulté par des subventions.

Réactions de la Chine

La première réaction est une réaction d’inquiétude avec un recul très marqué de l’indice de la bourse de Shanghai, comme l’illustre le graphique. Cette dernière est clairement orientée à la baisse et a pris un biais baissier.

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Mais surtout, le yuan continue sa correction qui a même tendance à s’accentuer comme le montre le graphique. Le yuan retrouve son niveau de décembre 2017, et a perdu presque 5% de sa valeur depuis le mois d’avril. Il pourrait devenir une arme redoutable si le mouvement se poursuit et avoir un effet boomerang sur les flux commerciaux.

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Autre mesure prise par les autorités chinoises, elles ont supprimé les tarifs douaniers à l’importation de soja venant du Bengladesh, de l’Inde, du Laos, de la Corée du Sud et du Sri Lanka. Car dans le cadre des mesures de représailles, la Chine a taxé les importations de soja américain, ce qui fait particulièrement mal aux agriculteurs américains. Preuve de cet impact négatif, les prix à terme sur un mois ont chuté de -12% pour le soja, de -10% pour le maïs et de -8% pour le blé.

Sterling un rien sous pression

Même s’il estime qu’une hausse des taux sera nécessaire, le nouveau membre du comité de la BOE, Jonathan Haskel s’est montré très circonspect sur la faiblesse persistante de la croissance des salaires. Ses propos ont été dès lors interprété  plus comme ceux d’une colombe que d’un faucon, réputation qu’avait son prédécesseur.

Il est intéressant de s’arrêter un instant sur ses réflexions, car non seulement il est un expert de la productivité et professeur d’économie à l’Imperial College de Londres, mais aussi parce que ce constat n’est pas propre uniquement à la situation en Grande-Bretagne.

Haskel estime que le fait d’avoir un nombre élevé de travailleurs ayant trop peu d’heures ou des heures précaires a contribué à expliquer pourquoi la croissance des salaires n’a pas décollé comme on pouvait s’y attendre, malgré le taux de chômage le plus bas depuis les années 1970.

Il estime aussi que les travailleurs ont perdu une partie de leur pouvoir de négociation des salaires à cause de la plus grande mobilité mondiale du capital et du changement technologique.

Cela craque un peu partout

Les tensions sont vives pour certains pays et certaines fragilités sont exacerbées par la hausse de la volatilité et par les mouvements sur les marchés financiers.

Même si la pression sur la devise turque n’a pas augmenté, elle demeure proche de son niveau le plus faible par rapport au dollar. En revanche, le taux à 10 ans reste accroché au-dessus des 16% comme le montre le graphique.

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Le dinar du Bahreïn a atteint son niveau le plus bas depuis 17 ans par rapport au dollar après une forte dégradation de ses finances publiques. La situation est telle que l’Arabie Saoudite, le Koweït et les Emirats Arabes Unis se sont engagés à apporter leur aide pour renflouer le royaume et soutenir les réformes nécessaires.

L’Argentine, qui a vu son taux s’envoler à 40% pour contrer la chute de sa devise, doit en plus faire face à la pire sécheresse de ces dernières années qui a anéanti ses récoltes de soja et de maïs. Avec comme conséquence une croissance négative en avril vu le poids de l’agriculture dans le PIB.

Les tensions reviennent en Iran avec une chute de la devise et une flambée des prix qui ont provoqué de nouvelles manifestations.

La tension sur la dette italienne ne faiblit pas comme le montre le graphique de l’évolution du rendement de l’obligation italienne à 10 ans, et Angela Merkel joue peut-être son avenir, non plus seulement politique mais tout court, lors du sommet européen qui se tient demain et après-demain. Et alors que l’Europe affiche finalement le même visage d’indifférence et de repli sur soi que les Etats-Unis où le décret migratoire de Trump a été validé par la justice.

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