Les bourses souffrent

Posté le 26 juin 2018
New York, USA - August 22, 2016: Known as a symbol of capitalism and prosperity, The New York Stock Exchange is also popular tourist attraction located in downtown Manhattan.

New York, USA – August 22, 2016: Known as a symbol of capitalism and prosperity, The New York Stock Exchange is also popular tourist attraction located in downtown Manhattan.

Les États-Unis s’isolent un peu plus chaque jour et les divergences au sein de l’administration américaine s’étalent sur la place publique.

Chute des bourses

Les annonces faites par l’administration américaine ne plaisent en tout cas pas du tout aux bourses. Et en particulier l’annonce d’une restriction des investissements étrangers dans les entreprises technologiques américaines, au départ qui ne visait que les investissements chinois, mais qui concernent, selon le secrétaire au Trésor tous les investissements, a plombé le secteur technologique.

Tous les secteurs en bourse sont finalement impactés d’une façon ou d’une autre et les mouvements de corrections sont significatifs. La liste est longue, et quelques graphes valent mieux qu’une longue explication.

Premier exemple, Caterpillar qui est impacté par la hausse des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium et qui subit aussi les mesures de rétorsion des autorités chinoises.

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Évidemment, Harley-Davidson, qui a subi la réaction des autorités européennes et qui est assez symbolique de la réaction de l’Europe. Et qui a décidé de délocaliser une partie de sa production en dehors des États-Unis pour justement échapper aux tarifs douaniers européens.

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Les valeurs technologiques ont reculé avec une baisse de -3 % d’Amazon ou de -2.75 % d’Apple.

Et on pourrait évidemment montrer la correction sur les valeurs européennes qui subissent également les conséquences de ces guerres commerciales.

Dollar sous pression

Par rapport à l’euro, le dollar est sous pression, subissant la perte de confiance des investisseurs. Mais aussi parce que les taux longs aux États-Unis ont eu tendance à se tasser ce qui a diminué l’attractivité du dollar.

Malgré des rapatriements conséquents de capitaux de grands groupes américains aux États unis pour profiter des mesures fiscales, le dollar n’en profite pas, car ces fonds étaient déjà en dollar. Et en plus, comme jusqu’à présent ces fonds servent surtout à rémunérer les actionnaires et non pas à soutenir les investissements ils n’ont pas d’effet sur le dollar.

Une exception, mais de taille, le dollar se renforce par rapport au yuan, et comme le montre le graphique le mouvement s’accélère. Il faudra être très attentif à ce mouvement, car, par rapport à l’euro, le yuan suit la même tendance. L’Europe pourrait donc voir arriver sur ses marchés des produits chinois qui se détournent des États-Unis et qui sont plus compétitifs grâce au cours de change.

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Et c’est une des raisons pour laquelle l’indice IFO en Allemagne a continué de reculer comme le montre le graphique.

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Mais à côté de l’impact négatif de la guerre commerciale, l’indice IFO a aussi reculé à cause de la crise migratoire qui fragilise la chancelière. De plus, depuis la formation de son gouvernement, Angela Merkel n’a pas encore pu réellement mettre en œuvre son programme de gouvernement et le monde des affaires s’inquiète de cet immobilisme.

Bonne nouvelle

L’accord sur la dette grecque a été salué par les marchés, mais surtout par les agences de rating qui y voient une avancée significative.

Moody’s s’est réjouie de cet accord qui devrait permettre de faciliter les conditions de financement durant les prochaines années mais maintient le rating à B3 avec des perspectives positives.

S&P a décidé d’augmenter le rating qui est passé de B à B+, car cela réduit nettement le risque crédit pour les deux prochaines années.

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