Pourquoi Trump pourrait persister ?

Posté le 20 juin 2018
New York, NY USA - May 3, 2016: Donald Trump delivers victory speech after winning Indiana primary of Republican party for presidential nominee at Trump Tower

New York, NY USA – May 3, 2016: Donald Trump delivers victory speech after winning Indiana primary of Republican party for presidential nominee at Trump Tower

L’escalade dans la guerre commerciale et la volonté de Trump de faire monter les enchères ont pesé sérieusement sur les bourses, et sur la bourse américaine, et Trump n’en a rien à faire.

Pourquoi Trump pourquoi persister ?

D’abord, il faut lire la chronique de Jean-Marc Vittori publiée dans Les Echos https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301839620282-donald-trump-le-president-qui-tient-ses-promesses-2185025.php#xtor=EPR-3038-%5Bnl_ideesdebats%5D-20180619-%5BProv_%5D-2058219, dans laquelle, il nous rappelle que Trump veut uniquement plaire à ses électeurs et que toute sa politique est basée là-dessus.

Or les électeurs de Trump, ne sont pas détenteurs d’actions et n’ont pas profité de l’envolée boursière de ces dernières années. Une correction de la bourse n’impacterait donc pas son électorat, ce qui peut expliquer qu’il n’en a cure de la réaction des marchés boursiers.

La troisième raison qui pourrait justifier qu’il persiste et signe est que les mesures prises n’impactent nullement son propre patrimoine. D’une part, parce qu’il ne dispose que peu d’actions, semblerait-il, et d’autre part parce que les secteurs où il est présent ne sont pas touchés par les tarifs douaniers.

Car la fortune de Trump se répartit entre des bureaux, des hôtels, des golfs, des vignes, des licences dans la production TV, ou dans le chocolat, donc aucun secteur qui pourrait être impacté par une hausse de ces tarifs.

Et dernière décision qui montre que le cynisme est sans limite, les États-Unis viennent d’annoncer qu’ils se retiraient du Conseil de l’ONU des droits de l’homme justement au moment où ils sont accusés de séparer les enfants de leurs parents pour les migrants arrivés clandestinement aux Etats-Unis.

Pourquoi la Chine pourrait ne pas lâcher ?

Alors que la Chine a mis en place un plan 2025 pour développer son économie et surtout le secteur des nouvelles technologies, elle ne va pas renoncer pour plaire aux Américains.

Même si le bras de fer semble déséquilibré, car les États-Unis importent pour 505.47 milliards de dollars de produits chinois, alors que la Chine n’importe que pour 129.89 milliards de dollars de produits américains, la Chine peut répliquer de deux autres manières.

D’une part, en arrêtant d’acheter des bons du trésor américain et même en vendant une partie de ses encours (et je vous renvoie vers un article que j’ai publié en avril sur ce point https://blogs.cbc.be/bernardkeppenne/2018/04/09/quand-la-politique-de-trump-se-mord-la-queue/), mais évidemment le risque est de voir la remontée des taux venir déprécier fortement l’encours encore en leur possession.

Et d’autre part, beaucoup plus simple et efficace, en utilisant l’arme de la dévaluation, ce que la Chine a déjà commencé à faire comme le montre le graphique de l’évolution de la parité en USD/CNY.

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Et dernière réaction possible, prendre des mesures de représailles sur les sociétés américaines établies en Chine et négocier de nouveaux accords avec des sociétés européennes ou japonaises.

Des taux courts encore bas longtemps, longtemps

« Nous resterons patients dans la détermination du moment de la première hausse des taux et nous adopterons une approche graduelle pour ajuster la politique par la suite » a déclaré Mario Draghi.

Cela signifie qu’automatiquement à la fin de l’été 2019 nous n’assisterons pas à la première hausse de taux, mais qu’elle pourrait intervenir bien après. Car les risques d’ici-là seront présents tout au long du processus et ces risques sont la menace du protectionnisme, la hausse du prix du baril et la volatilité sur les marchés financiers.

Et aussi les révisions à la baisse des chiffres de croissance pour 2018 et 2019 comme facteur qui devrait inciter la BCE a encore attendre. Après la Belgique et l’Allemagne, c’est au tour de la France de revoir sa croissance à la baisse.

L’INSEE ne table plus que sur un taux de 1.7 % cette année contre une croissance de 2.3 % en 2017.

Et pour revenir à l’Allemagne, l’institut IFO a revu drastiquement ses prévisions et table maintenant sur une croissance de seulement 1.8 % cette année et en 2019 contre 2.6 % et 2.1 % respectivement.

tableaux20180620