Voici venu le temps des révisions

Posté le 18 juin 2018

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Nous sommes en pleine période de révision, et les chiffres de croissance n’échappent pas non plus à ces révisions.

D’abord pour la Belgique

Après notre révision et celle du Bureau du Plan, c’est au tour de la Banque Nationale de revoir à la baisse la croissance pour 2018. Elle table dorénavant sur un taux de croissance de 1.5% contre 1.7% en 2018 et en 2019 aussi.

Même si le gouverneur se montre optimiste, l’écart avec la croissance attendue en zone euro est significatif puisque cette dernière est attendue à 2.1% pour 2018.

Et tout en soulignant que « dans le contexte international, les risques baissiers ont bel et bien augmenté », Jan Smets ne s’est pas montré trop inquiet estimant que les créations d’emploi allaient se poursuivre même si le rythme sera moindre qu’en 2017.

Ensuite pour l’Allemagne

Comme pour la Belgique, la Banque centrale, la Bundesbank, a révisé à la baisse la croissance pour 2018 et ne table plus que sur une croissance de 2% pour 2018 contre 2.5% lors de ses estimations en décembre. Par contre, elle a revu à la hausse la croissance pour 2019 à 1.9% contre 1.7%.

Comme pour la Belgique, mêmes causes, mêmes effets, à savoir le contexte protectionniste mondial et les tensions sur le marché de l’emploi ont amené à ces révisions.

Et pour la Grande-Bretagne

Même si la révision est faible, elle n’en demeure pas moins le reflet de l’inquiétude sur l’évolution de l’économie anglaise qui ne peut plus bénéficier, comme en 2017, d’un contexte économique international très favorable et de la chute de la livre.

La British Chambers of Commerce estime que la croissance en 2018 sera de 1.3% contre 1.4% précédemment, mais surtout restera faible à 1.4% en 2019 alors que la BOE table sur un taux de 1.7%.

Comme pour les autres pays, cette révision est justifiée par les risques que font peser une guerre commerciale mais aussi la hausse du prix du baril et des facteurs endogènes comme le risque de remontée des taux.

Guerre commerciale acte 2

Après l’imposition de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, Trump a annoncé l’imposition de droits de douane de 25% sur 50 milliards d’importations chinoises.

C’est au total 1.102 catégories de produits qui seront concernés par ces droits de douane dont l’application se fera en deux temps.

La Chine a directement riposté en annonçant l’imposition de 25% de droits de douane sur 659 produits américains d’une valeur de 50 milliards de dollars. Et elle s’est montrée prête à riposter si Trump, en représailles, imposait de nouvelles taxes.

Le tableau donne une idée de la gamme des produits impactés de part et d’autre, et les premières conséquences se sont déjà faites ressentir avec un recul de -1.5% des futurs sur le soja et une chute du prix du baril.

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Chute du prix du baril

Cette chute du prix du baril est la conséquence des menaces que fait peser la Chine sur une escalade de la part des Américains. En effet, en cas de nouvelles taxes, la Chine imposera alors les importations de pétrole américain.

Cette correction du baril intervient aussi à quelques jours de la réunion de l’OPEP qui se tient à Vienne le 22 juin et qui pourrait entériner une légère hausse de la production poussée par l’Arabie Saoudite et la Russie.

Et les bourses ont moyennement apprécié cette nouvelle étape dans la guerre commerciale et craignent évidemment un acte 3 dont les répercussions pourraient être plus lourdes.

Car si pour le moment, le sentiment qui domine est que l’impact sera limité, la crainte d’une escalade incite à la prudence car les Américains auraient déjà préparé une nouvelle liste qui représenterait 100 milliards d’importations chinoises.

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