La confiance est mise à rude épreuve

Posté le 5 juin 2018
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Les tensions politiques se sont éloignées et les fondamentaux ont repris leurs droits, même si les incertitudes demeurent et que le feu couve encore.

Impact sur la confiance

Malgré tout, cette succession de tensions politiques et géopolitiques affecte le moral des investisseurs comme le montre la publication de l’indice Sentix (voir graphique).

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Le recul est sensible d’un mois à l’autre et reflète l’inquiétude des investisseurs en zone euro à cause de la crise politique en Italie qui est venue se rajouter aux craintes de l’impact négatif qu’aurait une guerre commerciale.

La formation d’un nouveau gouvernement en Italie devrait par contre apaiser ces craintes, et le retournement sur le marché obligataire est spectaculaire comme le montre l’évolution du rendement de l’obligation italienne à 10 ans.

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Mais ce reflux n’est encore que partiel car les mesures que pourrait prendre ce nouveau gouvernement restent encore imprécises et les premiers propos de certains membres de ce gouvernement ne sont pas pour rassurer les européens. Voir mon interview ce matin sur le blog MoneyStore. http://moneystore.be/2018/actu/aprs-litalie-quels-risques-leurope

Mais reconnaissons que cet apaisement a permis aux bourses de se reprendre, et aux taux de repartir à la hausse, le rendement du treasury 10 ans passant de 2.80% à 2.94% sur deux jours de temps.

Enorme doute

Si ces turbulences politiques n’ont, pour le moment, pas remis en doute les taux de croissance, par contre, au Japon, les indicateurs économiques commencent à poser problème.

Deux indicateurs ont jeté un sérieux froid sur les perspectives pour l’économie japonaise après un premier trimestre qui avait déjà été particulièrement décevant.

Le plus marquant et inquiétant est le recul de -1.6% des dépenses de consommation au mois d’avril contre un recul de -0.1% le mois passé. Sur un an, elles affichent une chute de -1.3% contre -0.7% précédemment et confirment la forte baisse de la confiance des consommateurs.

Comme les dépenses des ménages représentent environ la moitié du produit intérieur brut du Japon, cette chute fait évidemment craindre pour le deuxième trimestre.

Surtout qu’une mauvaise nouvelle ne venant jamais seule, l’indice PMI des services est passé de 52.5 à 51, confirmant le ralentissement de l’économie.

26 années sans récession

Le chiffre du PIB en Australie est attendu demain avec une certaine fébrilité, car voilà 26 ans, comme le montre le graphique, que l’Australie n’a plus connu de récession et qu’elle devrait encore connaitre une année de croissance.

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Après un chiffre des ventes de détail hier qui était plus positif que prévu, les chiffres de la balance commerciale ont montré une hausse plus importante que prévu des exportations, qui devraient donc contribuer positivement à la croissance. Dans le même temps, les dépenses publiques ont augmenté plus prévu, ce qui devrait aussi contribuer à la croissance.

Donc malgré une consommation intérieure qui demeure trop faible, l’économie australienne devrait encore afficher une croissance positive. De plus, pour le moment elle profite pleinement de la hausse de la demande des matières premières et de la hausse des prix de ces dernières. Et pourrait aussi, au cas où la Chine impose des tarifs douaniers aux Etats-Unis, voir ses exportations de produits agricoles et de vin augmenter fortement.

Agriculteurs américains

Ces derniers pourraient bien être les grands perdants en cas de guerre commerciale à outrance et subissent déjà les effets des premières mesures de rétorsion. A côté des céréales, les producteurs de viande sont particulièrement inquiets.

Premier secteur qui pourrait être touché, celui des producteurs de porcs, car le Mexique va très probablement imposer un tarif de 20% pour les importations de porcs américains. Quand on sait que les importations de porcs par le Mexique proviennent à 90% des Etats-Unis, on peut comprendre que les producteurs américains tremblent devant ces mesures.

Les grands gagnants pourraient être le Canada et l’UE pour le porc et ces tarifs douaniers pourraient bien bouleverser complètement le marché mondial des matières premières agricoles.

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