L’Italie une nouvelle Grèce puissance dix ?

Posté le 22 mai 2018
typical Tuscan landscape with rolling hills in the morning

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On ne sait pas si ses jours sont comptés, ni même s’il sera premier ministre, mais l’annonce de la désignation de Giuseppe Conte n’a pas rassuré les marchés.

Inquiétudes sur l’Italie

Si l’inquiétude est palpable depuis quelques jours déjà avec une bourse de Milan qui se dissocie des autres bourses européennes, la tension est encore montée d’un cran ce week-end.

Le graphique reprend l’évolution de la bourse italienne en bleu, échelle de droite, et l’Eurostoxx50 en gris, échelle de gauche.

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Et il n’y a pas que la bourse qui a réagi négativement, le rendement de l’obligation italienne à 10 ans a grimpé, voir graphique, pour atteindre son niveau le plus élevé depuis décembre 2016. Avec cette hausse des taux des obligations italiennes, le différentiel de taux par rapport aux autres obligations de la zone euro s’élargit, par exemple celui avec l’obligation espagnole à 10 ans  se situe à 0.81 %, soit son niveau le plus élevé depuis 2012.

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Et dernier effet, l’euro est en recul par rapport au dollar avec un niveau actuel de 1.1770.

Il faut dire que le programme dévoilé ce week-end a plongé les analystes dans un abime de perplexité. Les deux partis veulent en effet réduire la dette en alimentant la croissance et veulent revoir le pacte de stabilité de l’UE et ne font nullement référence aux objectifs que doit atteindre l’Italie en matière de déficit et de dette.

Des taxes prévues sont annulées alors qu’elles devaient rapporter 12.5 milliards d’euros, la révision des pensions est annulée aussi ce qui représentera un coût de 5 milliards d’euros. Et à côté de cela, ils veulent introduire un salaire minimum, réduire l’impôt sur le travail, mais sans aucune annonce qui permettait de financer toutes ces mesures.

Apaisement

Si l’inquiétude est vive sur l’évolution de la situation en Italie, en revanche, l’apaisement semble de mise entre la Chine et les États-Unis.

Manifestement, les deux parties continuent de se parler et Trump a suspendu pour le moment les menaces de hausse des tarifs douaniers. Le signe le plus tangible de cet apaisement est la levée des interdictions pour la société chinoise ZTE.

Même si pour le moment rien de concret n’est encore sorti des discussions, mais la Chine pourrait acheter plus massivement des produits agricoles ce qui permettrait de réduire le déficit avec les États-Unis.

Hausse des prix des matières premières

Si l’apaisement entre la Chine et les États-Unis se confirme cela sera un signal très positif et nous pourrons alors revenir aux fondamentaux économiques (voir mon interview dans l’Echo de ce week-end https://www.lecho.be/actualite/archive/Bernard-Keppenne-CBC-Banque-Pour-le-moment-je-n-ai-plus-l-impression-d-etre-un-economiste/10013726).

Et les matières premières seront les premières à en profiter, en particulier le pétrole. Car si Trump semble mieux disposé envers la Chine, il ne l’est pas du doute vis-à-vis du Venezuela et de l’Iran.

La réélection de Maduro devrait encore plus renforcer les sanctions américaines et plonger le pays dans une plus grande misère avec un nouveau recul de la production de pétrole. Concernant l’Iran, Trump veut imposer des sanctions encore plus dures, ce qui devrait aussi soutenir le prix du baril.

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