Un dollar boosté par les taux

Posté le 17 mai 2018

Finance and banking concept. Euro coins and us dollar banknote close-up. Abstract image of Financial system with selective focus, toned, double exposure.

L’élargissement du différentiel de taux a poussé le dollar à la hausse par rapport à l’euro et les élucubrations des partis italiens ont poussé l’euro à la baisse.

Hausse des taux

Le rendement du treasury 10 ans s’est installé durablement au-dessus des 3% et a largement contribué à renforcer la position du dollar.

Cette hausse des taux a été soutenue par la publication du chiffre de la production industrielle aux Etats-Unis. Cette dernière a, en effet, augmenté de 0.7% en avril et les capacités des utilisations industrielles ont également progressé à 78%, soit leurs niveaux le plus élevé depuis mars 2015 (voir graphique). Ces chiffres montrent que l’industrie américaine bénéfice d’une demande intérieure qui reste soutenue et des exportations en hausse.

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Revers de la médaille, la hausse des taux pèse sur le marché immobilier avec un recul de -1.8% des demandes de permis et des mises en construction qui ont diminué de -3.7%.

Mais, il est un fait, que le dollar se renforce et se maintient suite à cette hausse des taux qui inexorablement augmente les flux de capitaux vers les Etats-Unis au détriment des autres devises.

Hausse du spread

L’euro de son côté a été affecté négativement par les informations qui ont fuité dans la presse de l’intention des deux partis italiens, qui négocient pour former un gouvernement, de demander une annulation de la dette italienne pour un montant de 250 milliards d’euros.

Même si cette information a été démentie et qu’ils ont juré leurs grands dieux que ce point ne se trouvait pas dans les notes de travail, cela reflète quand même l’état d’esprit qui anime ces partis. L’euro a reculé sous l’effet de cette annonce, la bourse de Milan a perdu -2.3% et le spread entre le bund et l’obligation italienne à 10 ans s’est élargi (voir graphique).

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Immobilisme

Les banques centrales sont plutôt enclines au statu quo malgré la hausse du dollar qui affecte leur devise et vu les incertitudes actuelles. C’est le cas de la banque centrale du Canada qui privilégie pour le moment de laisser ses taux inchangés vu l’impact négatif sur les investissements que font peser les négociations pour le traité NAFTA.

La banque centrale du Mexique est dans la même posture et elle devrait laisser, lors de sa réunion, son taux inchangé à 7.50% vu l’incertitude sur la mise en place de ce traité NAFTA.

Et la banque centrale du Brésil a décidé hier de laisser son taux inchangé, ce qui met un terme à une baisse fulgurante et continue de son taux depuis octobre 2016. Mais le recul du real brésilien par rapport au dollar, comme l’illustre le graphique, a changé la donne et incite la banque centrale à la prudence.

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Exceptionnellement pas de commentaire demain

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