Quand la géopolitique domine tout

Posté le 15 mai 2018
View on the night Earth with city lights. Australia and Oceania region. Elements of this image furnished by NASA. 3d illustration

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À côté du dossier iranien et de celui de la guerre commerciale, Trump a ouvert un nouveau front, ou une nouvelle plaie, avec le retour à l’avant-plan du conflit israélo-palestinien. Et pour les marchés financiers, en plus de devoir tenir compte de tous ces éléments géopolitiques, ils vont devoir aussi intégrer la hausse du prix du baril.

Ralentissement

Et cela en plus dans un contexte qui montre que la croissance en début d’année a reculé, parfois pour des raisons  de conditions climatiques, ou bien plus fondamentalement suite à des changements de fiscalité.

C’est en particulier le cas de la France, qui a vu sa croissance passer de 0.7 % au quatrième trimestre à 0.3 % pour le premier trimestre 2018. Maintenant, comme l’illustre le graphique, le premier trimestre 2017 faisait exactement la même performance. En grande partie, ce recul de la croissance est à imputer à une diminution de la consommation intérieure, affectée par des taxes et des réformes fiscales.

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Après le chiffre en Allemagne de 0.4 % pour le GDP au premier trimestre, la croissance en zone euro est logiquement attendue en recul à 0.4 %, soit un taux annuel à 2.50 %. Par contre, preuve que des facteurs ponctuels peuvent peser sur la croissance, la production industrielle, toujours en zone euro, est attendue à 0.70 % contre -0.80 %, soit un taux annuel de 3.70 % contre 2.90 %.

En Chine aussi

En Chine également on constate un certain tassement, en particulier dans le secteur immobilier, ce qui correspond à une volonté des autorités de réduire le risque de surchauffe dans ce secteur.

Ainsi, les investissements immobiliers ont augmenté de 10.2 % sur un an en avril contre 10.8 % en mars, et les ventes immobilières ont reculé de -4.1 % en avril contre une hausse de 3.2 % en mars.

Les ventes de détail ont connu un petit essoufflement avec une progression de 9.4 % contre 10.1 % précédemment. En revanche, la production industrielle a augmenté de 7 % en chiffres annuels contre 6 % au mois de mars.

Mais ralentissement relatif

Les éléments géopolitiques perturbent tellement le scénario économique qu’il est dès lors très compliqué de discerner la tendance actuelle. Cependant, il faut constater que les membres de la BCE se montrent résolument optimistes sur l’évolution de l’inflation et de la croissance en zone euro.

D’ailleurs, le gouverneur de la banque de France a surpris les marchés hier et provoqué une petite remontée des taux en déclarant que la BCE pourrait bientôt clarifier son calendrier. Et il a laissé sous-entendre que la hausse des taux de la part de la BCE interviendrait quelques trimestres après la fin du programme d’assouplissement quantitatif, mais pas des années.

Et donc malgré le ralentissement de l’inflation observé en avril, la BCE estime que ce mouvement est temporaire et « sur base des prix à terme actuels du pétrole, l’inflation devrait osciller autour de 1.5 % dans les mois à venir » selon Peter Praet.

Effondrement

L’Argentine ne parvient pas à enrayer la dégringolade de sa devise par rapport au dollar comme le montre le graphique.

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Malgré une hausse de son taux d’intérêt à 40 % et des interventions sur le marché des changes pour 408 millions de dollars, le peso argentin subit la dégradation du contexte économique, la hausse de l’inflation et la sécheresse qui frappe la production de soja.

L’Argentine a fait appel au FMI pour avoir accès à des crédits rapidement et négocie actuellement avec ce dernier, ce qui rappelle une époque sombre pour certains.

Mais évidemment cette chute du peso doit se voir dans le contexte global de recul des devises émergentes qui sont affectées par la hausse du dollar et des taux d’intérêt aux États-Unis. La livre turque est à un nouveau record par rapport au dollar, et la pression pourrait encore s’accentuer alors que la Turquie a rappelé son ambassadeur en Israël.

La hausse des taux aux États unis avec un rendement du treasury 10 ans à 3.02 %, et celui du 2 ans à 2.56 %, soit le niveau le plus élevé depuis le mois d’août 2008, ne va pas calmer les tensions sur ces devises, bien au contraire.

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