Inflation contenue malgré tout

Posté le 14 mai 2018
Financial concept of growth on the American Stock Exchange.Comparison exchange charts the USA and China.

Financial concept of growth on the American Stock Exchange.Comparison exchange charts the USA and China.

Même si l’inflation gagne un peu de terrain aux Etats-Unis, sa hausse modérée a fait retomber légèrement les taux ainsi que le dollar.

Tout sur l’inflation

La semaine passée, le chiffre d’inflation a été publié aux Etats-Unis et en Chine. Aux Etats-Unis, ce chiffre est venu conforter le scénario d’une hausse lente et graduelle des taux de la part de la FED.

Le taux d’inflation de base a progressé de 0.1% d’un mois à l’autre, soit un taux annuel de 2.1% comme le mois précédent. Il n’y a pas d’accélération du mouvement de hausse de l’inflation même si le prix du baril a bien évidemment impacté le taux d’inflation global qui est passé de 2.4% à 2.5%.

Mais les banques centrales se focalisent sur le taux d’inflation de base qui est moins volatile et qui est donc considéré comme un indicateur plus fiable.

En Chine, l’inflation est retombée à 1.8% contre 2.1% le mois passé alors que les prix à la production sont remontés à 3.4% en chiffres annuels contre 3.1% le mois passé.

La crainte évidemment, dans un cas comme dans l’autre, est que la guerre commerciale ou les premières hausses des tarifs douaniers n’entrainent une hausse de l’inflation. Mais manifestement, pour le moment, les ponts ne sont pas rompus et les discussions se poursuivent entre les Etats-Unis et la Chine. Il faut dire que les Etats-Unis ont besoin de la Chine dans le dossier de la Corée de la Nord et donc, il a fort à parier, que les tensions commerciales vont être mises en sourdine jusqu’au sommet du 12 juin entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.

Pour terminer sur l’inflation et surtout la hausse du prix du baril, ce dernier reste soutenu dans un contexte marqué par une forte demande émanant en particulier de l’Asie, par la réduction de la production par les pays de l’OPEP et la Russie, par la chute de la production au Venezuela et par les craintes de sanctions américaines sur l’Iran.

Mariage improbable

Faut-il croire à ce mariage improbable entre le mouvement 5 étoiles et la Ligue ? Mais surtout faut-il croire à ce programme qui entrainerait une hausse du déficit alors même que ce dernier se situe à 130% du PIB ?

Pour le moment, les marchés sont restés très mesurés et l’on n’assiste pas à une tension particulière sur les taux italiens. Car il faut encore que le président accepte ce mariage de la carpe et du lapin. Et aussi il faudra voir concrètement quelles mesures seront effectivement mise en œuvre et leurs coûts.

Léthargie

La BOE a bien laissé ses taux inchangés la semaine passée lors de sa réunion de jeudi. Et même si elle a mis sur le dos des conditions climatiques particulièrement glaciales la chute du PIB au premier trimestre, elle a bien dû reconnaitre que la faiblesse des dépenses de consommation et le ralentissement du marché immobilier donnaient les signes d’une léthargie persistance de l’économie.

Et les données sur les dépenses de consommation pour le mois d’avril confirment hélas ce constat et affichent un recul encore plus fort que le mois précédent.

Et il faut souligner que l’attitude de la BOE ne facilite pas les choses, et qu’elle envoie des messages assez contradictoires. Alors qu’il y a quelques semaines, elle donnait le signal très précis d’une hausse imminente des taux, elle a diamétralement changé d’avis face aux signes de ralentissement.

Preuve que la situation demeure confuse, le statu quo a été adopté à 7 contre 2, et la BOE va devoir rétablir sa réputation pour soutenir une économie qui en a bien besoin. Même si le marché a déjà intégré une hausse de 0.25% comme le montre l’évolution du rendement de l’obligation à 2 ans.

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