Comme un flottement …

Posté le 7 mai 2018

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Le chiffre du chômage a donné le tournis à la bourse américaine, en étant dans un premier temps mal perçu, pour finalement rassurer.

L’état du marché de l’emploi

Le taux de chômage (voir graphique) a continué sa décrue et se situe à 3.9 % contre 4.1 % en mars. Il s’agit d’un niveau record depuis 17 ans et demi, mais pour autant, le taux de participation a légèrement reculé à 62.8 % contre 62.9 %.

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La petite déception est venue des créations d’emploi qui n’ont été que de 164.000 contre 192.000 attendues. Mais comme dans le même temps, le chiffre du mois de mars a été revu de 103.000 à 135.000, le chiffre reste solide.

L’élément qui a fait basculer la bourse dans le vert est l’absence de forte pression sur les salaires qui faisait craindre une plus forte hausse des taux de la part de la FED. Le salaire horaire moyen n’a en effet augmenté que de 0.1 %, soit un taux annuel de 2.6 %.

Il est évident que le fait que les États-Unis et la Chine se soient parlé la semaine passée et que la discussion n’ait pas abouti à un clash a aussi aidé la bourse américaine.

Inquiétudes

Pour autant, toutes les inquiétudes sur une guerre commerciale ne sont pas levées, loin de là, et rien n’exclut au contraire de voir les premières mesures être mises en application dans les prochaines semaines.

Autre sujet d’inquiétude et qui concerne aussi l’attitude des États-Unis est bien évidemment le dossier iranien. Trump pourrait annoncer le 12 mai sa décision de se retirer de l’accord et donc de dénoncer ce dernier.

Et l’Iran ne semble pas vouloir se laisser dicter sa conduite et le président iranien, Hassan Rohani, a déclaré que si les Américains remettaient en cause cet accord, ils auraient « des remords historiques ».

Et preuve que la situation pourrait être particulièrement tendue, Emmanuel Macron a déclaré ce week-end, qu’avec le retrait des Américains « nous ouvririons la boîte de Pandore. Il pourrait y avoir une guerre ».

Pas étonnant que dans ce contexte, le prix du baril continue de se tendre avec une différence de prix qui se maintient entre celui de la mer du nord et le pétrole texan (voir graphique).

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Il faut dire que l’Iran depuis l’accord sur le dossier nucléaire exporte 2.6 millions de baril par jour et que les nouvelles sanctions fermeraient cette manne. Et même si la production de pétrole de schiste continue d’augmenter aux Etats-Unis, comme dans le même temps la production de pétrole par le Venezuela s’effondre (pratiquement de 50 % depuis 2005), ce risque de voir le retour des sanctions explique la hausse du prix du baril.

Réunion de la BOE

Ce jeudi se tiendra la réunion de la BOE mais comme nous serons absents, j’en parle déjà maintenant surtout que cela sera un non-événement. En effet, alors qu’au milieu du mois d’avril, la probabilité d’une hausse des taux était de 90 %, elle est retombée à 11 %. Les propos agressifs du gouverneur de la BOE ont été balayés par la faiblesse des chiffres et surtout le très faible niveau du PIB au premier trimestre.

Le sterling est repassé au-dessus des 0.88 par rapport à l’euro et la probabilité d’une hausse des taux a été repoussée au mois d’août.

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