Les grandes disparités du chômage dans l’UE

Posté le 3 mai 2018

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Pas d’inquiétudes, pas de changement et pas de surprise.

Statu quo

La FED n’a pas modifié ses taux, mais a clairement ouvert la voie à une hausse des taux en juin. Le seul changement est celui apparu dans le communiqué, qui évoque le fait que l’inflation est « près de l’objectif symétrique de 2 % du comité sur le moyen terme ».

Ce terme de « symétrique » est nouveau et pourrait signifier que la FED ne va pas s’arc-bouter au chiffre de 2 % d’inflation, mais qu’elle pourrait tolérer un léger dépassement sans pour autant augmenter ses taux.

Elle se montre confiante et rassurée et n’évoque plus des risques à court terme comme lors de la réunion précédente.

Pas de surprise

La croissance en zone euro a bien marqué le pas au premier trimestre avec un taux de 0.4 %. Pour les prochains trimestres, la croissance devrait tourner autour des 0.5 %-0.6 % et profiter de l’amélioration du marché de l’emploi.

Car par contre, sur ce point, l’évolution est impressionnante. En effet, le taux de chômage dans la zone euro est passé de 9.4 % en mars 2017 à 8.5 % en mars 2018.

Il apparait qu’en 2017, le taux de chômage a reculé dans 8 régions de l’UE sur 10, mais que les disparités restent très fortes d’une région à l’autre comme le montre la carte publiée par Eurostat.

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Mais malgré cette nette amélioration du marché de l’emploi, le chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans s’est établi en moyenne à 16.8 %, ce qui signifie que dans plus des trois quarts des régions de l’UE, le taux de chômage des jeunes était au moins le double du taux de chômage total.

Si l’on regarde les chiffres au niveau national, le taux de chômage de l’UE s’est établi à 7.1 % contre 7.9 % en mars 2017, et il faut revenir à l’année 2008 pour avoir un taux aussi faible.

Mais de nouveau, cela n’empêche pas que l’UE affiche de grandes disparités comme l’illustre un autre graphique publié par Eurostat.

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Le chiffre du CPI pour la zone euro publié aujourd’hui ne devrait pas non plus apporter la moindre surprise et devrait rester toujours largement en dessous des objectifs de la BCE. Pour autant, le scénario d’une sortie du programme d’assouplissement quantitatif se renforce, car il perd de sa pertinence et de son efficacité.

Il faudrait un sérieux ralentissement pour que la BCE envisage une volte-face et ce n’est clairement pas la tendance et la perception. Par contre, une hausse des taux qui interviendrait un peu plus tard dans l’année (en 2019 s’entend évidemment) pourrait être une des pistes en cas d’inflation atone.

Pressions sur le sterling

La position de Theresa May est de nouveau compliquée et affaiblie après la démission d’un membre de son équipe, mais elle doit aussi essayer d’avancer dans le dossier irlandais qui reste extrêmement explosif.

Mais en plus, les indicateurs PMI, à la différence des autres pays de l’UE, continuent de reculer comme le montre le graphique. Seul l’indice PMI de la construction s’est repris après une forte chute au mois de mars liée aux conditions climatiques.

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Alors que la croissance au premier trimestre a déjà été très décevante, la poursuite du recul des indices PMI fait évidemment craindre une croissance encore moindre.

Le sterling est de nouveau sous pression après la publication de ces indices et est repassé au-dessus des 0.88 par rapport à l’euro.

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