Une réunion de la BCE sans surprise

Posté le 26 avril 2018
Das neue Gebäude der Europäischen Zentralbank mit Main im Vordergrund; Langzeitbelichtung

Das neue Gebäude der Europäischen Zentralbank mit Main im Vordergrund; Langzeitbelichtung

La BCE se montrera prudemment optimiste et laissera ses taux inchangés lors de sa réunion de ce jeudi.

Réunion de la BCE

Mario Draghi dispose de peu de marge de manœuvre et doit éviter de se montrer inquiet tout en se montrant rassurant bien qu’en sachant que l’inflation demeure trop faible.

Et en même temps, il doit quand même donner des gages de la volonté de la BCE de sortir de son programme d’assouplissement quantitatif. Et tout cela sans avoir une influence à la hausse sur l’euro, car un niveau trop élevé de l’euro, non seulement, pénalise les exportations européennes, mais aussi influence à la baisse l’inflation.

Il va devoir en sorte exercer une force constante car lorsqu’une force est dite constante cela signifie que sa valeur, son sens et sa direction ne varient pas au cours du temps, typiquement ce que Mario Draghi a fait lors des dernières réunions de la BCE en gardant un message positif et prudent dans le sens de la reprise dans une direction constante.

Hausse du dollar

Mario Draghi pourra cependant un peu souffler car la hausse des taux aux Etats-Unis, que j’évoquais hier, et, qui se confirme ce matin, avec un treasury 10 ans à 3.03%, a entrainé une petite remontée du dollar.

Comme illustré par le graphique, le différentiel de taux entre le treasury 2 ans et le bund 2 ans, déjà très élevé, s’est encore élargi et cela explique en partie le renforcement du dollar par rapport à l’euro. Et en laissant ses taux inchangés, la BCE devrait contribuer à maintenir le différentiel de taux.

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Mais il faut bien reconnaitre que la hausse du dollar reste encore limitée alors que le différentiel de taux et les résultats des sociétés américaines auraient dû entrainer une hausse plus significative. Mais les incertitudes concernant les risques d’une guerre commerciale et l’absence de politique cohérente de la part de la Trump exercent une pression permanente à la baisse sur le dollar.

Marquer son indépendance

Baroud d’honneur ou réelle volonté de ne pas se laisser dicter sa politique, la banque centrale turque a décidé d’augmenter de 0.75% son taux pour le porter à 13.5%, comme le montre le graphique.

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La décision d’Erdogan de tenir des élections anticipées le 24 juin prochain a sans doute accéléré la décision et explique aussi que la hausse a été de 0.75% et pas de 0.50%. En effet, Erdogan s’est toujours montré « un ennemi des taux d’intérêt », et par cette élection devrait renforcer son pouvoir et exercer encore plus de pression sur la banque centrale.

Or cette dernière veut contenir l’inflation qui demeure à des niveaux beaucoup trop élevés et veut essayer d’enrayer la chute de la devise. Mais cette hausse risque fort d’être insuffisante car si la livre turque s’est sensiblement renforcée, l’impact a été limité et de courte durée comme le montre le graphique de la parité en EUR/TRY.

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Rebond

L’économie de la Corée du Sud a connu un solide rebond au premier trimestre de cette année avec une croissance de 1.1% contre un recul de -0.2% le trimestre précédent. En chiffre annuel, la croissance reste stable à 2.8%.

Si la consommation intérieure s’est montrée très faible avec une hausse de seulement 0.6%, en revanche, les exportations ont augmenté de 4.4% et ont donc contribué largement à la croissance.

En faisant abstraction d’une guerre commerciale, le gouvernement table sur une croissance de 3%.

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