Le FMI souffle le chaud et le froid

Posté le 18 avril 2018
Washington Dc: IMF entrance with sign of International Monetary Fund and logo

Washington Dc: IMF entrance with sign of International Monetary Fund and logo

Le FMI a remis les pendules à l’heure, mais si pour le moment c’est une Rolex qui nous donne l’heure, il nous avertit qu’il faudra sans doute la vendre à terme pour garder son train de vie.

Reprise cyclique

Dans ses dernières prévisions, le FMI a maintenu son taux de croissance pour 2018 et 2019, mais il estime qu’après le ralentissement sera significatif, et il met aussi en garde sur les risques que fait peser une guerre commerciale.

En attendant, ne boudons pas notre plaisir, comme celui de profiter d’une journée en avril avec des températures dignes d’un mois d’août, et apprécions les révisions à la hausse.

Comme le montre le tableau, le FMI a revu à la hausse les prévisions pour les États-Unis et pour la zone euro avec une révision particulièrement marquante pour l’Espagne.

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Dans les facteurs qui ont contribué à la croissance en 2017 et qui permettent de poursuivre sur la lancée, le FMI pointe le raffermissement de la production industrielle et celle, et c’est là où cela devient assez ironique, du commerce (voir le graphique).

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Les facteurs qui vont peser sur la croissance en 2019 et surtout en 2020 dans les pays avancés sont, selon le FMI, la faible productivité suite à des réformes insuffisantes et une évolution démographique défavorable. Mais clairement aussi le durcissement des conditions monétaires.

Confirmation de la hausse des taux

D’ailleurs, les derniers indices aux États-Unis ont non seulement confirmé la bonne tenue de l’économie, mais surtout la politique de resserrement de la FED.

En effet, la production industrielle après une hausse de 1 % en février a augmenté de 0.5 % et les utilisations des capacités industrielles sont passées de 77.7 % à 78 % (voir graphique).

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Ce dernier chiffre confirme que l’économie commence à montrer des signes de hausse de l’inflation dans un contexte d’un marché de l’emploi qui montre aussi des signes de tension.

Un pas de plus

De hausse de taux, il en est de plus en plus question en Grande-Bretagne lors de la prochaine réunion de la BOE.

Deux facteurs ont clairement contribué à renforcer cette conviction, l’état du marché de l’emploi et le chiffre d’inflation.

Ce dernier est publié ce matin et ne devrait pas faiblir puisque le core CPI est attendu à 2.50 % contre 2.40 %, niveau qui dépasse largement l’objectif de la BOE.

Et le taux de chômage est tombé à son niveau le plus bas depuis mai 1975 à savoir à 4.2 % avec comme conséquence que les salaires ont augmenté de 2.8 % sur ces trois derniers mois, soit un niveau légèrement supérieur à l’inflation.

Cet effet de second tour, que la BCE attend désespérément, a clairement renforcé la conviction de la BOE va augmenter son taux pour le porter à 0.75 %.

Statu quo

En revanche, la BOC devrait laisser ses taux inchangés lors de sa réunion de ce jour et c’est d’ailleurs un des rares pays pour lequel le FMI a revu ses prévisions à la baisse.

Compte tenu du contexte de tension commerciale dont le Canada est en première ligne, et du niveau d’inflation, la BOC pourrait se montrer moins agressive qu’initialement prévu et ne pas augmenter ses taux 2 ou 3 fois, mais seulement une fois.

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