Trump, l’Oscar de l’absurdité

Posté le 5 mars 2018
Trump Wall isolated on white background. 3D render

Trump Wall isolated on white background. 3D render

La semaine sera tout sauf calme et les marchés boursiers n’en ont pas fini de valser au gré des annonces, des hausses de taux, des reculs des taux, des inquiétudes et j’en passe.

Incertitudes et certitudes

La semaine commence avec au moins une certitude, à savoir qu’Angela Merkel pourra bien mener un quatrième mandat et que l’Allemagne aura une nouvelle fois une grande coalition comme gouvernement.

Mais c’est bien la seule certitude, parce que pour le reste, nous avons la réunion ce jeudi de la BCE, dont l’attitude est incertaine même si elle devrait à priori garder la possibilité de prolonger son programme de rachat d’actifs.

Mais la plus grande incertitude vient de l’Italie qui pourrait être totalement ingouvernable et qui a vu émerger deux partis antieuropéens. Selon les premiers résultats, le mouvement 5 étoiles aurait remporté entre 29 et 32 %, et le centre droit entre 33 et 36 %, alors que le parti démocratique n’aurait que 21 % des votes.

Rappelons que le centre droit est un attelage hétéroclite, mais que dans cet attelage se retrouve le parti de la Ligue du Nord, parti d’extrême droite, et qui est celui qui a remporté le plus de voix.

Aucune coalition n’a la majorité, et il va être très compliqué de former un gouvernement dans ces conditions et nous sommes sans doute partis pour des mois de négociations.

Mais soyons honnête, ce résultat en Italie n’a pas provoqué le moindre frémissement et les taux en Italie sont restés inchangés comme l’illustre le graphique.

graphe20180305

Guerre ouverte

Cette semaine sera sans doute celle qui actera la volonté de Trump d’ouvrir une guerre commerciale en augmentant les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium. Il pourrait recevoir l’oscar de la bêtise, mais manifestement il n’en a cure et devrait ouvrir les hostilités.

Mais cette décision pourrait se retourner contre les États-Unis, car comme le montre le graphique, ce sont les pays qui connaissent le plus grand déficit commercial avec les États-Unis qui sont les plus grands détenteurs de dette américaine.

graphe20180305a

Et si donc ces pays, la Chine et le Japon en l’occurrence, exportent moins vers les États-Unis, ils vont recevoir moins de dollars et donc moins acheter de dette américaine. Et ils pourraient même volontairement réduire leur achat alors même que les besoins de financement vont être énormes vu l’aggravation du déficit américain.

À côté d’une guerre commerciale pourrait donc venir se greffer une guerre de la dette qui serait désastreuse pour les États-Unis et Trump pourrait regretter alors ses propos « trade wars are good ».

À côté de cette annonce, la semaine sera aussi marquée par la publication des chiffres du chômage aux États-Unis. Et on se souvient de l’impact qu’ils avaient eu sur les marchés le mois passé et nous serons dès lors très attentifs à l’évolution des salaires.

Tassement

Et comme en plus, tous ces événements interviennent alors que les indices de confiance se tassent un peu partout, cela amplifie un peu les mouvements.

Ainsi au Japon, l’indice PMI composite a reculé à 52.2 contre 52.8, tout comme en Chine d’ailleurs où il est passé de 53.7 à 53.3.

En Inde, le recul est encore plus marqué avec un indice composite qui est passé sous le seuil des 50 à 49.7 contre 52.5. Ce fort recul est surtout la conséquence de la chute de l’indice PMI des services qui est tombé à 47.8 contre 51.7.

Les indices PMI composites en zone euro devraient rester proches de leur niveau antérieur, mais en léger recul, mais il ne faut pas exclure, si la guerre commerciale est enclenchée, un recul des indices manufacturiers le mois prochain.

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