Nouvelles équipes = changement de taux ?

Posté le 20 février 2018
Das neue Gebäude der Europäischen Zentralbank mit Main im Vordergrund; Langzeitbelichtung

Das neue Gebäude der Europäischen Zentralbank mit Main im Vordergrund; Langzeitbelichtung

Alors que l’évolution des taux taraude les esprits, les équipes qui ont dirigé les banques centrales sont en train de complètement se renouveler. On assistera donc de façon concomitante à un changement dans l’évolution des taux et un changement au sein des banques centrales.

Équipes neuves

À l’exception de la BOJ, qui a vu le mandat de son gouverneur renouvelé pour 5 ans, la BCE et la FED vont avoir de nouvelles équipes qui vont devoir détricoter ce que les autres avaient tricoté pour juguler la crise.

La question est d’autant plus importante qu’à la tête de la FED, pour la première fois, ce n’est pas un économiste qui a été désigné, mais un juriste. Même si Powell était déjà membre de la FED, il n’a aucune connaissance ou approche spécifique comme l’avaient ses deux prédécesseurs, connaissances qui les ont clairement inspirés pour mener leur politique monétaire.

Même si le mandat de Mario Draghi ne se termine qu’en 2019, c’est justement à ce moment-là que le changement de politique monétaire pourrait intervenir. Il faut donc regarder avec attention les changements qui sont en train de s’opérer au sein de la BCE.

La décision de remplacer le vice-président Vitor Constancio, dont le mandat se termine en mai, par l’actuel ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindos, est tout sauf anodine. D’une part, parce que l’Espagne n’avait plus de représentant au sein de la BCE depuis 2012. Et d’autre part, parce que la désignation d’un espagnol renforce considérablement les chances de voir le poste de président échoir à l’allemand Weidmann.

Même si ce choix va dépendre de l’équilibre politique et des changements qui vont également intervenir au sein de la Commission européenne, le choix d’un espagnol a considérablement renforcé ses chances.

Mais rappelons que Weidmann, gouverneur de la Bundesbank, a vertement critiqué les positions de la BCE et est en faveur d’une remontée des taux.

Il ne faut donc pas s’étonner que la tension sur les taux perdure dans ce contexte. Même si la hausse des taux dans la zone euro n’a strictement rien à voir avec celle observée aux États-Unis comme l’illustre le graphique. Sur ce dernier est repris l’évolution du rendement du treasury 2 ans en bleu et celui du bund 2 ans en gris.

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Taux qui mènent la danse

L’évolution des taux va donc continuer de peser sur les marchés boursiers et ils se sont de nouveau légèrement tendus.

Et si la Grèce a bénéficié de la hausse de son rating, par contre, l’approche des élections en Italie a provoqué une légère tension sur les taux italiens.

Le graphique reprend l’évolution du spread entre le bund 10 ans et l’obligation italienne à 10 ans. Il faut dire que les sondages donnent une image d’une Italie qui risque fort d’être compliquée à gouverner après les élections et le centre droit, mené par Silvio Berlusconi, pourrait sortir gagnant. On pourrait donc assister au retour de la momie, ce qui n’est certainement pas un signe positif et une promesse de réforme.

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Pour autant, l’Europe a déjà démontré dans le passé sa capacité de résilience comme je le souligne encore dans l’article du blog MoneyStore http://moneystore.be/2018/actu/europe-optimistes-lont-emport-cassandre.

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