Le dur retour à moins de liquidité

Posté le 6 février 2018

Electrical storm over the city by night

Sans vouloir minimiser la correction de la bourse américaine cette nuit, ni celle du Nikkei ce matin, ni d’ailleurs celle à venir des bourses européennes, il faut peut-être rappeler l’ampleur du rallye boursier ces derniers temps.

Correction ou krach ?

Il est évident que l’ampleur de la correction en deux séances peut clairement donner le sentiment d’un véritable krach.

Mais il faut aussi souligner les performances réalisées par les bourses depuis le début de l’année, performances qui donnaient clairement le signe d’un emballement, après déjà une forte hausse en 2017.

Comme je le soulignais hier, et ce matin sur la Première à 7 h 32, https://www.rtbf.be/auvio/detail_matin-premiere?id=2307661&cid=2307650 ce mouvement a trouvé sa source dans la hausse du salaire horaire moyen qui a provoqué une forte tension sur le marché obligataire. Avec un rendement du treasury 10 ans qui approchait du seuil des 3%, les investisseurs se sont de nouveau tournés vers les obligations au détriment des actions.

De plus, ce chiffre a fait prendre conscience de la pleine mesure de la hausse des taux de la part de la FED, que les investisseurs avaient jusqu’à présent occulté, tellement habitué à bénéficier de liquidités abondantes.

En dehors de la correction sur les bourses, on a assisté à un reflux des rendements obligataires, celui du treasury 10 ans est ainsi passé de 2.88% à 2.70%, une baisse du prix du baril, à une petite hausse du dollar, à la poursuite de la chute sans fin du Bitcoin, et une forte hausse de l’indice de volatilité comme le montre le graphique.

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Et pour répondre à la question de savoir s’il s’agit d’une correction ou d’un krach, je penche très clairement pour une correction et un ajustement de positions.

Retour aux fondamentaux

Car les fondamentaux sont toujours bien orientés, à l’instar des indices PMI dans la zone euro.

L’indice PMI composite pour la zone euro s’est ainsi inscrit à 58.8 contre 58.1, soit son niveau le plus élevé depuis 2006. Cet indice confirme que la croissance en zone euro devrait même encore s’accélérer au début de cette année.

Par contre, si l’on observe le graphique qui reprend en rouge l’indice PMI des services dans la zone euro, et en bleu ce même indice en Grande-Bretagne, on mesure le décrochage de l’économie anglaise.

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Ces mêmes indices en Grande-Bretagne continuent de leur côté de reculer et annoncent donc une croissance bien moindre que celle que va connaitre la zone euro.

Aux Etats-Unis, ce même indice fait mieux qu’en zone euro comme l’illustre le graphique.

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Cet indice s’est inscrit à son niveau le plus élevé depuis 12 ans et demi et confirme que le début de cette année devrait connaitre une croissance solide. Mais ce chiffre confirme aussi que l’inflation devrait augmenter aux Etats-Unis et donc cela renforce aussi le scénario de la hausse des taux de la part de la FED. CQFD ?

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