La zone euro a fait mieux que les Etats-Unis

Posté le 31 janvier 2018
Frankfurt, Germany - May 7, 2016: New headquarters of the European Central Bank or ECB. Frankfurt, Skyline with osthafen area.

Frankfurt, Germany – May 7, 2016: New headquarters of the European Central Bank or ECB. Frankfurt, Skyline with osthafen area.

Décidément, les chiffres en zone euro n’arrêtent pas de surprendre dans le bon sens du terme.

Au plus haut depuis 10 ans

Avec une croissance de 0.6 % au quatrième trimestre, la zone euro aura finalement connu une croissance de 2.5 % sur l’ensemble de l’année 2017. Et la zone euro a donc fait mieux que les États-Unis qui ont connu une croissance de 2.3 %.

Il faut revenir à 2007 qui affichait une croissance de 3 % pour retrouver de pareils niveaux.

Tuus les pays ont contribué à cette belle performance et le trend devrait se maintenir au regard des indices de confiance publiés en début d’année comme je le soulignais dans mon intervention sur Canal Z hier soir. http://canalz.levif.be/news/le-journal-30-01-18/video-normal-792011.html

Cette embellie reste cependant encore sans effet sur l’inflation comme l’a montré le recul de l’inflation en Allemagne. Cette dernière est en effet revenue à 1.4 % contre 1.6 %.

Le chiffre de l’inflation publié pour la zone euro sera donc important à suivre. Si l’inflation est attendue en recul à 1.20 % contre 1.40 %, en revanche, l’inflation de base devrait légèrement progresser à 1 % contre 0.90 %. La fluctuation de l’inflation est la conséquence de la très forte volatilité du prix du baril et c’est donc sur l’évolution de l’inflation de base qu’il faut se concentrer.

Bonnes perspectives aussi

La croissance au quatrième trimestre au Japon devrait aussi se révéler excellente si  l’on se base sur les derniers indicateurs publiés cette semaine.

Dernier en date, et même s’il est volatil comme le montre le graphique, la production industrielle a progressé de 2.7 %. Ce chiffre est d’autant plus marquant qu’il s’agit du troisième mois en hausse et que la tendance devrait perdurer.

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Et plus symptomatique, l’écart de production montre que la demande est à son plus haut niveau depuis 2008.

Sans surprise

Le discours sur l’Etat de l’Union n’a pas révélé une facette insoupçonnée du personnage Trump et aucune déclaration vraiment importante n’a été faite.

Pour preuve, le dollar est reparti à la baisse et toute l’attention s’est de nouveau focalisée sur les indicateurs économiques.

Les consommateurs américains se montrent toujours aussi confiants, tout en faisant preuve d’une certaine expectative sur l’évolution de leurs revenus à l’avenir. La réforme fiscale a, sans doute, provoqué beaucoup d’espoirs, mais la majorité des ménages américains doutent d’en voir réellement la couleur.

Si Trump s’est attribué les mérites de la croissance américaine, c’est surtout à la façon dont Janet Yellen a dirigé la FED que le mérite revient.  Elle a réussi à amorcer le mouvement de normalisation des taux sans affecter la croissance américaine et sans peser sur les bourses.

Elle termine son mandat en laissant une économie avec un taux de chômage à son niveau le plus bas depuis 17 ans, et elle va sans surprise annoncer un statu quo lors de la réunion de ce soir. La prochaine hausse de taux devrait intervenir en mars et sera la première des trois déjà annoncée par la FED.

Nous serons attentifs au chiffre des créations d’emploi dans le secteur privé, estimées à 183.000 contre 250.000 le mois passé.

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Malgré une séance décevante hier, comme le montre le tableau, cela n’a cependant pas empêché les bourses de commencer en force ce premier mois de l’année. Et il faut aussi pointer la remontée très sensible des taux longs depuis ce début d’année.

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