Tout est une question de sémantique

Posté le 26 janvier 2018
New York City, United States - July 30, 2016: This is an angled view of a new US One Hundred Dollar Bill laying on a bed of cash using soft focus under natural light.

New York City, United States – July 30, 2016: This is an angled view of a new US One Hundred Dollar Bill laying on a bed of cash using soft focus under natural light.

Compliqué d’empêcher l’euro de se renforcer en déclarant que nous connaissons « une forte dynamique conjoncturelle ».

Elément perturbateur

Mario Draghi s’est en effet montré optimiste sur la croissance dans la zone euro tout en exprimant l’inquiétude que la hausse de l’euro ne vienne casser cette reprise.

Cette hausse a clairement fait l’objet de discussions au sein du Conseil et pourrait amener la BCE à retarder la normalisation de sa politique monétaire. Mais si la hausse de l’euro préoccupe la BCE, pour autant, comme l’a rappelé Mario Draghi « nous ne ciblons pas les taux de change. Les taux de change sont importants pour la croissance et la stabilité. Ils se renforcent avec la croissance de l’économie, c’est un fait. Nous regardons l’inflation, c’est notre principale préoccupation ».

Nonobstant ce point, le message de Mario Draghi n’a pas été une surprise en confirmant le programme de rachat d’actifs pour 30 milliards par mois au moins jusqu’en septembre 2018. Et en affirmant aussi que la hausse des taux interviendrait bien après la fin du programme d’assouplissement quantitatif.

Ces propos teintés d’optimisme et d’ailleurs confirmés par les indices de confiance, je vais y revenir, ont poussé l’euro jusqu’à 1.25 par rapport au dollar ainsi qu’une hausse des taux longs.

Ce matin, le dollar a repris un peu du poil de la bête après une déclaration de Trump à son arrivée à Davos ; « le dollar va devenir de plus en plus fort et, en fin de compte, je veux voir un dollar fort » tout en ajoutant que les commentaires de Mnuchin avaient été mal interprétés.

Indices de confiance en hausse

Pour revenir sur les indices de confiance, après les indices PMI, deux indices en Allemagne ont confirmé que l’année 2018 devrait continuer sur la même lancée que 2017 et que les incertitudes politiques n’affectent en rien le climat économique.

Le premier indice est l’indice IFO qui, comme le montre le graphique, se situe à un niveau historique. Les entreprises se montrent donc particulièrement confiantes.

graphe20180126

Le deuxième indice mesure le moral des ménages, et il s’est inscrit à son niveau le plus haut depuis octobre 2001. Il s’agit de l’indice Gfk, qui reflète un véritable boom de la confiance des consommateurs, qui contribuent largement à l’excellence performance de l’économie allemande.

Chiffres de croissance

On attend avec beaucoup d’intérêt les chiffres de croissance pour le quatrième trimestre aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Aux Etats-Unis, la croissance au quatrième trimestre est attendue à 3% contre 3.2%, grâce à la consommation intérieure et aux investissements essentiellement. La consommation intérieure qui représente les deux tiers de la croissance devrait avoir progressé de 3.9% contre 2.2% le trimestre précédent.

Malgré ces deux excellents trimestres, la croissance pour l’ensemble de l’année 2017 ne devrait être que de 2.3% à cause d’un premier trimestre en berne.

Pour la Grande-Bretagne, les chiffres seront évidemment moins encourageants. La croissance au quatrième trimestre est attendue à 0.4% comme le trimestre précédent, soit un taux annuel de 1.40% contre 1.70%.

Comme la BCE ?

Certains membres de la BOJ commencent aussi, comme la BCE, à s’interroger sur la possibilité de réduire le programme de rachat d’actifs et estiment qu’il y aurait bientôt de la latitude pour amorcer un mouvement de hausse des taux.

Il faut dire que l’inflation montre clairement une tendance haussière avec une progression de 0.3% au mois de décembre, soit un taux annuel de 0.9%. Même si nous sommes encore loin de l’objectif de 2% de la BOJ, l’inflation se consolide et pourrait augmenter si le gouvernement arrive à « imposer » des hausses de salaires de l’ordre de 3%.

Pour illustrer que, décidemment, nous quittons cette ère, un peu particulière, des taux extrêmement bas, voir négatifs, le graphique reprend l’évolution du rendement de l’obligation suisse à 10 ans.

graphe20180126a

 

tableaux20180126