Le dollar, c’est votre problème !

Posté le 25 janvier 2018
Finance and banking concept. Euro coins and us dollar banknote close-up. Abstract image of Financial system with selective focus, toned, double exposure.

Finance and banking concept. Euro coins and us dollar banknote close-up. Abstract image of Financial system with selective focus, toned, double exposure.

Rien n’a décidément changé entre les propos du Secrétaire du Trésor américain, John Connaly, au début des années 1970, « le dollar, c’est notre monnaie, mais c’est votre problème », et ceux du Secrétaire du Trésor actuel, Steven Muchin, « évidemment, un dollar plus faible est bon pour nous en ce qui concerne le commerce et les opportunités ».

Position délicate de la BCE

Cette baisse généralisée du dollar, qui a pesé sur le Nikkei ce matin, complique sérieusement la tâche de Mario Draghi. Et alors qu’aucun changement n’est attendu sur la politique monétaire de la BCE, il est par contre attendu sur cette évolution de la parité en EUR/USD.

Il me faut réactualiser le graphique de l’évolution de la parité en EUR/USD vu la vitesse de la hausse de l’euro, qui demeure excessive et pénalisante.

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Mais la baisse du dollar représente un risque à terme pour les États-Unis de perdre son statut de valeur de référence. Depuis l’arrivée de Trump, le dollar a déjà été fragilisé, car ce dernier a renvoyé l’image d’un pays uniquement tourné sur lui-même et qui ne se préoccupe plus des autres.

Depuis son accession au pouvoir, le dollar a clairement perdu son statut de valeur refuge et la volonté de laisser filer ce dernier pourrait encore accentuer le phénomène et poser à terme la question de la capacité des États-Unis de pouvoir se financer.

Rappelons (voir graphique), que la Chine et le Japon sont à l’heure actuelle les plus grands détenteurs de dette américaine et qu’ils ont déjà manifesté leur intention de diversifier leurs investissements. Si les Américains se retirent des traités internationaux et laissent en même temps filer leur devise, il ne faudra pas exclure de voir les investisseurs se détourner du dollar.

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Et cet euro fort a déjà un peu pénalisé l’industrie manufacturière dans la zone euro comme l’illustre le graphique qui reprend l’évolution des indices PMI manufacturiers.

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Par contre, les indices PMI des services affichent une hausse assez sensible comme le montre le graphique, si bien que l’indice composite s’est inscrit à 58.6 pour la zone euro, soit son niveau le plus élevé depuis juin 2006.

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Ces indices confirment et confortent aussi la position de l’euro et à ce rythme la croissance dans la zone euro au premier trimestre pourrait approcher les 1%.

L’indice IFO qui est attendu en Allemagne ce matin ne devrait pas être différent de la tendance dessinée par les indices PMI, mais tous les regards seront tournés vers la BCE qui va donc devoir naviguer entre des indicateurs très positifs et un euro qui s’apprécie trop vite.

Baisse du dollar toujours

La baisse du dollar a entrainé une hausse du prix du baril par un effet mécanique, déjà observé dans le passé, que l’affaiblissement du dollar entrainant une diminution des revenus des pays exportateurs provoque une hausse des prix.

Il faut ajouter à cet élément une forte chute des stocks aux États-Unis qui sont passés de 1.1 million de barils à 411.58 millions d’une semaine à l’autre. Dans un contexte toujours impacté par la baisse décidée par l’OPEP et alors que la production libyenne est réduite à sa plus simple expression.

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