Le dollar prend la tangente

Posté le 24 janvier 2018
Dollar, euro, pound and yen signs. Ñurrency exchange concept. 3d

Dollar, euro, pound and yen signs. Ñurrency exchange concept. 3d

Finalement, l’élément principal de la conférence de presse de Mario Draghi sera de savoir s’il fait référence ou pas à la hausse de l’euro.

Hausse de l’euro

Même si la hausse de l’euro permet d’amortir la hausse du prix du baril, elle n’en demeure pas moins un sujet de préoccupation, car elle pénalise les exportations européennes et tire l’inflation vers le bas.

En franchissant le seuil des 1.23, l’euro est à son niveau le plus élevé depuis 3 ans comme le montre le graphique.

graphe20180124

Il faut dire que l’embellie en Europe se confirme et se consolide et que cela plaide en faveur de l’euro, mais que c’est aussi le dollar qui se tasse même par rapport au peso mexicain, par exemple, comme le montre le graphique.

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Les indicateurs de confiance demeurent sur le même trend que fin de l’année dernière, et après la publication de l’indice de confiance de la Commission européenne à son plus haut depuis 17 ans, les indices PMI devraient rester proches de leurs niveaux des mois précédents, à savoir leur plus haut depuis 2011.

Hausse du yen

Comme c’est le dollar qui se tasse, logiquement le yen se renforce, sans pour autant que cette hausse ne semble affecter les exportations.

En effet, ces dernières ont progressé de 9.3 % en chiffre annuel contre 16.2 %, ce qui sur un an représente une hausse de 11.8 % des exportations. Et il faut souligner que la Chine demeure le premier partenaire commercial avec des exportations, en décembre, en hausse de 15.8 % en chiffre annuel.

Les importations ne sont pas en reste avec une hausse en chiffre annuel de 14.9 % contre 17.2 %, preuve que la demande intérieure continue de se reprendre.

Pour preuve de cette embellie aussi au Japon, l’indice PMI manufacturier est ressorti ce matin à 54.4 contre 54, soit son niveau le plus élevé depuis 4 ans. En plus, le sous-indice prix montre une accélération de ces derniers ce qui devrait consolider le mouvement de reprise, modeste, de l’inflation.

En plus, le Japon pourrait profiter de la signature, très probablement en mars, d’un nouvel accord d’échange qui viendrait remplacer l’accord précédent, le TPP, dénoncé par Trump dès son arrivée à la Maison Blanche.

Ce nouveau traité, le Trans-Pacific Partnership, devrait être signé par 11 pays dont l’Australie et le Canada et pourrait isoler un peu plus les États-Unis.

La Grande-Bretagne en profite

Ce climat économique particulièrement favorable profite à l’industrie anglaise ainsi que la baisse du sterling observée depuis l’annonce du Brexit.

La conjonction de ces deux éléments permet à l’industrie manufacturière en Grande-Bretagne d’afficher des indices de confiance à des niveaux record. Elle soutient donc les exportations et contribue largement à maintenir la croissance en Grande-Bretagne.

Mais, toute médaille ayant son revers, les anticipations d’une hausse des prix à la sortie de l’usine atteignent leur plus haut niveau depuis 30 ans, ce qui fait craindre une inflation qui demeure trop élevée.

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