Des marchés optimistes

Posté le 23 janvier 2018
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Rien que le titre des dernières prévisions du FMI est déjà tout un programme ; « des perspectives plus prometteuses, des marchés optimistes et des obstacles à surmonter ».

Des perspectives plus prometteuses

Le FMI a revu une nouvelle fois ses prévisions de croissance à la hausse et table désormais sur une croissance de 3.9 % pour 2018 et 2019, soit une révision de 0.2 %.

Le tableau donne en détail les prévisions pour les principaux pays ainsi que l’ampleur de la révision par rapport aux prévisions d’octobre.

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Pour les États-Unis, le FMI pointe l’impact positif, à court terme, de la réforme fiscale, ce qui explique qu’il a revu nettement à la hausse la croissance en 2018 et 2019.

Il se montre résolument optimiste pour la zone euro avec en particulier une nette révision à la hausse pour l’Allemagne, seule l’Espagne étant un peu revue à la baisse.

Pour la partie asiatique, la croissance devrait rester soutenue et pour la Chine, le FMI a même revu de 0.1 % la croissance à la hausse.

Après une année marquée par une très forte croissance de la Turquie et des pays de l’Est, le FMI a revu fortement à la hausse ses prévisions, même si dans les faits la croissance devrait quelque peu ralentir par rapport à 2017.

La révision la plus négative touche l’Afrique du Sud à cause de l’incertitude politique qui y règne et la croissance devrait rester inférieure à 1 % ces deux prochaines années.

Des marchés optimistes

Les nouveaux records à Wall Street après qu’un accord provisoire ait été trouvé pour mettre fin au shutdown démontrent s’il le fallait encore l’optimisme des marchés.

La crainte du FMI est cependant que « les évaluations élevées des actifs et les primes d’échéance très comprimées font craindre une correction sur les marchés financiers, qui pèserait sur la croissance et la confiance ».

Des obstacles à surmonter

Le FMI pointe trois obstacles, à savoir, l’accumulation de la vulnérabilité financière, les mesures de repli sur soi et des facteurs non économiques.

La vulnérabilité financière est pointée par le FMI par le constat que les investisseurs prennent plus de risque pour obtenir de meilleurs rendements sans mesurer exactement l’ampleur de ce risque. Et aussi l’augmentation de l’endettement des sociétés qui pourrait s’aggraver en cas de remontée des taux.

Il suffit de voir la décision de Trump d’imposer lourdement les importations de machines à laver et les panneaux solaires pour comprendre ce que le FMI veut dire en parlant de mesures de repli sur soi. Des mesures en ce sens entraineraient inéluctablement une diminution du commerce mondial et pèseraient donc sur la croissance.

Et par des facteurs non économiques, le FMI pense aux risques géopolitiques,  mais surtout aux conditions météorologiques extrêmes avec tout l’impact que cela peut avoir sur les flux migratoires, et les conséquences économiques.

Ces prévisions ont clairement porté la bourse américaine, d’autant plus après l’accord sur le shutdown, et ont aussi eu un impact haussier sur le prix du baril dans la perspective d’une demande qui devrait rester soutenue.

Ah oui ! j’oubliais, pour le Japon, le FMI a aussi revu à la hausse ses prévisions de croissance. Ce qui n’a pas empêché cependant, ce matin, la BOJ de maintenir ses taux inchangés à -0.10 % et de garder intact son programme de rachat d’actifs.

J’oubliais encore qu’en dehors de l’Afrique du Sud un autre pays a subi une baisse de ses prévisions de la part du FMI, la Grande-Bretagne évidemment.

Un dernier chiffre publié vendredi passé montre l’ampleur du ralentissement, celui des ventes de détail. Elles ont reculé de -1.5 % en décembre, soit la plus forte baisse depuis juin 2016, au moment du résultat du référendum, et le pire chiffre pour un mois de décembre depuis 2010.

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