La hausse des taux ne sera pas une surprise

Posté le 13 décembre 2017
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La hausse de l’inflation en Grande-Bretagne n’a pas permis au sterling de se maintenir.

Hausse de l’inflation

Le sterling, qui avait bénéficié de l’annonce de l’accord entre la Grande-Bretagne et l’UE pour se renforcer, a vite perdu son avance et se situe de nouveau au-dessus des 0.88 par rapport à l’euro.

La publication d’un taux d’inflation à son niveau le plus élevé depuis 6 ans (voir graphique) n’a pas inversé la tendance.

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Ce taux s’élève à 3.1 %, par contre le taux de base est resté stable à 2.7 %. Cette hausse de l’inflation ne devrait en rien modifier l’attitude de la BOE qui se réunit demain. En effet, elle devrait garder son taux inchangé, car elle table sur un reflux de l’inflation dans les prochaines années, mais surtout parce qu’il n’y a pas de hausse des salaires suite à cette remontée de l’inflation.

Cette absence d’effet de second tour alors que l’économie ralentie sérieusement justifie l’attitude de statu quo de la BOE dans les prochains mois au moins.

Aussi en Inde

J’évoquais hier les quelques exceptions de pays confrontés à de l’inflation et l’Inde en fait partie.

Le taux d’inflation a grimpé à 4.88 % contre 3.58 % essentiellement sous l’effet d’une hausse des prix des produits alimentaires et énergétiques.

Cette hausse a surpris la plupart des analystes et l’inflation devrait rester au-dessus des 4 % durant l’année 2018, ce qui exclut toute baisse de taux au moins jusqu’au milieu de l’année prochaine.

Pas de surprise ce soir

Ce soir, la FED ne surprendra personne en annonçant la hausse de 25 bp de son taux directeur pour le porter à 1.25 -1.50 %.

La hausse des prix à la production de 0.4 % sur le dernier mois, soit un taux annuel à 3.1 % contre 2.8 %, est en tout cas une bonne raison pour la FED de remonter ses taux. Même si l’inflation reste encore très modérée, comme devrait le confirmer le chiffre cet après-midi, compte tenu du niveau de croissance de l’économie américaine.

Par contre, la surprise est venue de la victoire du démocrate Doug Jones au cours des élections dans l’Alabama. Cette victoire, arrachée de justesse avec un score de 49.9 % contre 48.4 %, est une mauvaise nouvelle pour Trump car elle réduit sa majorité au Sénat à 51, ce qui pourrait fameusement compliquer le passage de la réforme fiscale.

Il s’agit de la première victoire d’un démocrate dans l’Alabama depuis 1992 et pourrait signifier de voir les démocrates devenir majoritaire au Sénat et donc susceptible de bloquer les futures réformes de Trump dans d’autres domaines.

Concernant la FED, il sera intéressant de s’attarder sur les prévisions de taux de la part des membres du Comité. Si l’on se base sur leurs dernières prévisions, la FED devrait encore augmenter 3 fois ses taux en 2018 avec une première hausse en mars.

Energie verte, green bond

Assez logiquement la finance est au premier plan dans cette lutte contre le réchauffement climatique, ou va devoir l’être.

La Banque mondiale a annoncé hier en marge du mini-sommet sur le climat à Paris qu’elle ne financerait plus des projets d’hydrocarbures après 2019.

Si cette décision est suivie demain par les autres institutions internationales et les banques, ce que certaines font déjà, on assistera alors un arrêt des investissements dans ce secteur.

Cela pourrait-il entrainer une hausse brutale des prix ou au contraire entrainer une chute parce que les producteurs s’empresseraient d’écouler à tout prix leur production ? Nous sommes sans doute à l’aube d’un nouveau bouleversement et un changement indispensable, mais qui n’en pose pas moins de sérieuses questions sur ses implications.

La question semble encore lointaine et la préoccupation immédiate est plus sur le niveau atteint par les marchés financiers. Petite réflexion à lire sur la question de savoir si on doit craindre une nouvelle crise financière. http://moneystore.be/2017/actu/doiton-craindre-nouvelle-crise-financire

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  • Jacques Vermeulen

    L enjeu est de gérer de manière optimale les risques opérationnels tout en développant sa flexibilité et ses revenus pour adapter sa croissance aux évolutions du marché