La poursuite dans la continuité

Posté le 3 novembre 2017
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Jerome Powell est donc bien devenu l’homme le plus puissant de la sphère financière, ce qui a rassuré totalement les marchés.

La continuité

Pour une fois, Trump n’a pas fait de vagues en nommant Powell à la tête de la FED, car ce dernier va poursuivre le travail accompli par Janet Yellen.

Le scénario d’une hausse de taux en décembre et une poursuite du mouvement en 2018 avec trois hausses est pleinement confirmé avec cette nomination.

Les chiffres du chômage aux Etats-Unis vont confirmer ce scénario avec un taux de chômage attendu stable à 4.2%. Mais surtout celui des créations d’emploi qui devraient s’élever à 310.000 contre une destruction de -33.000 le mois passé. Si ce chiffre est confirmé, il s’agirait du meilleur chiffre depuis octobre 2015.

Seul bémol, le salaire horaire ne devrait progresser que de 0.2%, soit une hausse annuelle de 2.7% contre 2.9%.

Pas pour la BOE

La BOE a décidé, pour la première fois depuis 2007, d’augmenter son taux directeur pour le porter à 0.50%. Il s’agit finalement d’une forme d’ajustement après la décision en août de l’année passée de réduire le taux à 0.25% après le résultat du référendum sur le Brexit à cause des craintes d’une récession.

Un an plus tard, la récession ne guette pas l’économie britannique, mais bien une inflation beaucoup trop élevée, ce qui a obligé la BOE à ajuster ses taux.

Mais cette hausse, votée à 7 contre 2, n’est pas les prémices d’un cycle de hausse rapide et continue des taux, car la BOE a plutôt l’intention de procéder à des hausses graduelles et limitées comme l’a souligné son président.

Résultat, les anticipations de hausse se limitent à une hausse fin 2018, et une en 2019, avec comme conséquence, après la réunion, une chute assez rapide du sterling comme le montre le graphique de la parité en EUR/GBP.

Si le sterling a réagi de façon assez spectaculaire à ce scénario de hausses de taux extrêmement limité sur les deux prochaines années, les rendements obligataires en Grande-Bretagne ont aussi réagi en affichant une baisse sensible, passant de 1.34% à 1.26% pour le 10 ans par exemple.

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Si même la BOE n’est pas prête à augmenter ses taux alors que l’inflation se situe à 3%, soit largement au-dessus de son objectif, on peut dès lors raisonnablement se poser la question de l’attitude des autres banques centrales. Allons-nous continuer de connaitre pour les deux prochaines années au moins encore des taux bas un peu près partout sans perspective de hausse ? Et qu’elle sera la latitude des banques centrales en cas de récession si les taux restent à ce niveau ?

Poursuite de la croissance

Et pourtant compte tenu de la fermeté de la reprise, une hausse des taux modérée pourrait pleinement se justifier.

Et l’année devrait se terminer sur la même tendance selon les indices PMI publiés à travers le monde et qui confirment que la croissance au quatrième trimestre sera du même acabit que les trimestres précédents.

Aux Etats-Unis, l’indice ISM manufacturier a légèrement reculé à 58.7 contre 60.8, mais reste à des niveaux très élevés et confirme la très bonne tenue de l’industrie malgré les ouragans.

Après un passage à vide, l’économie indienne se reprend et l’indice PMI des services est passé de 50.7 à 51.7.

En Australie, l’indice PMI manufacturier est passé de 53.8 à 55.5, suite à une forte demande émanant de la région Asie-Pacifique.

D’ailleurs à Singapour, l’indice PMI manufacturier est passé de 52 à 52.6, soit son niveau le plus élevé depuis décembre 2009.

Malgré un petit ralentissement attendu au quatrième trimestre, l’indice PMI des services en Chine a progressé à 51.2 contre 50.6.

Et je pourrais encore allonger la liste avec les indices PMI en zone euro qui restent à leur niveau le plus élevé depuis plus de 6 ans, et que donc on peut décidemment dire que l’économie tourne à plein régime.

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