Les belles couleurs de la croissance

Posté le 2 novembre 2017

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Difficile de ne pas être euphorique devant l’avalanche d’autant de bons indicateurs économiques, mais ces derniers ne vont en rien nous faire oublier ceux qui ont perdu la vie une nouvelle fois suite à la lâcheté et l’ignominie de cet nouvel acte terroriste. Et il faut les condamner et les combattre partout et ne jamais renoncer pour autant à nos valeurs essentielles.

Croissance en zone euro

La zone euro a affiché une croissance de 0.6% au troisième trimestre, soit un taux de 2.4% en rythme annualisé et qui dépasse le Royaume-Uni et même les Etats-Unis.

Cette croissance est engrangée grâce à une reprise qui touche tous les pays de la zone euro, sans exception, et qui est caractérisée par une reprise des investissements et une solide consommation des ménages.

J’ai repris le graphique de la croissance en France, qui a été de 0.5%, soit en rythme annualisé un taux de 2.2%. Le mouvement se consolide et l’économie française redresse fameusement la barre même si le commerce extérieur continue de peser sur cette croissance et que l’augmentation des stocks a peut-être artificiellement soutenu cette dernière.

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Mais ces chiffres en Europe sont remarquables et l’année devrait se terminer sur le même rythme si l’on se base sur les indices PMI et autres qui sont au beau fixe et qui montrent des carnets commande bien remplis.

Le seul bémol dans ce tableau demeure la faiblesse de l’inflation qui a reculé à 1.4% contre 1.5%, et pour l’inflation de base à 0.9% contre 1.1%. Ce chiffre renforce la position de la BCE et conforte le sentiment que les taux en zone euro ne vont pas beaucoup bouger en 2018, comme en 2017, ce que montre d’ailleurs le tableau mensuel publié ce jour.

Apaisement aux Etats-Unis

Plusieurs éléments contribuent à soutenir la bourse en dehors des résultats globalement très positifs des entreprises.

D’une part, le statu quo décidé par la FED lors de sa réunion hier, et qui était acquis, avec un message toujours positif sur l’état de l’économie américaine. Ce qui ne l’empêchera pas d’augmenter ses taux en décembre, mais les marchés ont déjà totalement intégré cette donnée.

D’autre part, la désignation de Powell comme futur président de la FED devrait être annoncée dans la journée et le principal intéressé aurait été averti hier par Trump. Cette nomination a été saluée par les bourses car il œuvrera à poursuivre la politique de hausse graduelle des taux comme Janet Yellen.

Une conséquence de cette nomination est que la courbe des taux aux Etats-Unis pourrait continuer de s’aplatir, mouvement déjà bien amorcé depuis le début de l’année comme le montre le graphique. En mauve, la courbe au début de cette année et en orange la courbe actuelle.

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Dernier élément qui soutient les bourses, les indicateurs économiques aux Etats-Unis sont excellents. Avec un indice ISM manufacturier qui a certes légèrement reculé à 58.7 contre 60.8, mais qui demeure à son niveau le plus élevé depuis plus 13 ans. Les créations d’emploi dans le secteur privé ont bondi de 235.000 selon ADP, ce qui augure d’un excellent chiffre demain.

Décision de la BOE

Malgré un certain glissement, pour ne pas dire un glissement certain, des indices de confiance (comme le montre le graphique de l’indice de confiance des consommateurs), la BOE va procéder à une hausse de son taux directeur.

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Elle devrait décider de faire passer son taux de 0.25% à 0.50%, mais sans pour autant ouvrir en grand la porte à de nouvelles hausses de taux vu le sérieusement ralentissement de la croissance. Le sterling s’est nettement renforcé dans cette perspective et se traite en dessous des 0.88 par rapport à l’euro.

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