Les banques centrales excellent dans la sémantique

Posté le 15 septembre 2017

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Deux graphes pour illustrer la réaction des marchés après la réunion de la BOE qui a maintenu ses taux inchangés à 7 voix contre 2.

L’évolution du rendement de l’obligation anglaise à 10 ans qui prend quasiment 20 bp sur une seule séance.

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La parité en EUR/GBP avec un sterling qui repasse sous le seuil des 0.89.

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Changement de ton

Ces mouvements sont la résultante d’un changement de ton de la part de la BOE, qui estime, qu’une hausse des taux pourrait intervenir dans les prochains mois si la croissance reste au niveau actuel et si les pressions inflationnistes perdurent.

Et manifestement les pressions inflationnistes devraient perdurer, car la BOE table sur un taux de 3 % en octobre.

Alors qu’une hausse des taux n’était attendue qu’en 2019 au moment de la sortie effective de l’UE, d’autres penchent maintenant sur une hausse encore cette année-ci si la hausse de l’inflation se poursuit.

Question de sémantique

Autre changement de ton, mais nettement plus subtil, de la part de la BNS. Alors que jusqu’à présent dans son communiqué, en parlant du franc suisse, elle estimait qu’il était « significanty overvalued », lors de sa réunion hier, elle a parlé d’un franc suisse qui restait « highly valued ».

Il faut dire que vu la dépréciation spectaculaire du franc suisse depuis le début de l’année comme le montre le graphique par rapport à l’euro, elle pouvait quand même un peu assouplir ses propos.

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Pour autant, cela ne va en rien changer sa politique monétaire, ni le niveau négatif de son taux directeur, et elle attendra, comme la banque centrale de Suède, que la BCE amorce un changement de politique monétaire avant d’envisager une hausse de taux.

Probabilité en hausse

Comme pour les taux en Grande-Bretagne, aux États-Unis, la probabilité d’une hausse des taux en décembre a augmenté et est passée de 41.3 % à 50.9 % après la publication des chiffres d’inflation.

Si effectivement, l’inflation a augmenté de 0.4 % d’un mois à l’autre, c’est sous l’effet temporaire de la hausse du prix du gazole à cause de l’ouragan Harvey.

Car si l’on observe l’inflation de base, hors donc l’énergie, la hausse a été plus modeste de 0.2 %, soit un taux annuel inchangé à 1.7 %.

Si l’ouragan a eu un effet sur les prix, il est encore trop tôt pour mesurer son impact sur le marché de l’emploi et sur la croissance, mais il pourrait bien avoir pesé sur les deux.

Il faudra donc attendre les chiffres du mois de septembre pour prendre la pleine mesure de son impact. Et en attendant, les chiffres des ventes de détail (+0.5 % attendu), de la production industrielle (0.1 %) et des indices de confiance vont alimenter la réflexion des membres de la FED pour leur réunion de la semaine prochaine.

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