L’UE doit saisir sa chance et profiter de l’embellie

Posté le 8 septembre 2017
Euro, dollar , pound and yen signs. Ñurrency exchange concept. 3d

Euro, dollar , pound and yen signs. Ñurrency exchange concept. 3d

Même si Mario Draghi a essayé de tempérer la hausse de l’euro, ces propos n’ont cependant pas réussi à calmer ce mouvement.

Retour sur la conférence de presse

Si la BCE est bien décidée à garder ses taux bas pour une longue période encore (fin 2018), et à garder son programme d’assouplissement quantitatif jusque fin 2017, Mario Draghi a quand même préparé les marchés à un changement de politique.

Ce changement se justifie d’autant plus que la BCE a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2017. Au lieu d’une croissance de 1.9 %, elle table dorénavant sur une croissance de 2.2 %, tout en laissant inchangées ses prévisions pour 2018 à 1.8 % et pour 2019 à 1.7 %.

Cette révision s’explique par l’excellente tenue de l’économie européenne comme l’a confirmé le chiffre définitif du PIB au deuxième trimestre. La croissance a été de 0.6 %, soit sur un an, une croissance de 2.3 % contre 2 %.

C’est la consommation intérieure qui a été le moteur de cette croissance (+0.5 %), les investissements des entreprises (+0.9 %) et les exportations (+1.1 %).

Le tableau publié par Eurostat donne la croissance par pays avec des pays de l’Est qui caracolent en tête et en lanterne rouge le Royaume-Uni (qui tire donc la croissance de l’UE vers le bas, croissance qui a été de 0.7 % soit un taux annuel de 2.4 %), et la Belgique. Je vais revenir sur la Belgique avec les prévisions du Bureau du Plan.

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La hausse de l’euro n’a pas affecté les prévisions de la BCE pour l’inflation qui est attendue à 1.5 % en 2017, à 1.2 % en 2018 contre 1.3 % et à 1.5 % contre 1.6 % en 2019.

En annexe, vous trouverez le tableau des prévisions de la BCE pour les principaux indicateurs et pour les prochaines années.

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L’euro s’est renforcé malgré le statu quo de la BCE, car Mario Draghi a clairement laissé entendre que des décisions seraient prises en automne, donc à la réunion d’octobre. Or ces décisions seront une prolongation du programme de rachat, mais avec un ajustement à la baisse des montants.

Révision à la hausse en Belgique

Le Bureau du Plan a suivi la BCE dans sa révision à la hausse de la croissance pour la Belgique et cela aussi même si nous avons connu un deuxième trimestre décevant.

Pour 2017 et 2018, la croissance en Belgique devrait être de 1.7 % profitant de la très bonne tenue de l’économie dans l’UE et aussi d’une demande intérieure dynamique et une hausse importante des investissements des entreprises.

En 2016, la croissance de ces investissements n’avait été que de 1.2 %, pour 2017 elle devrait être de 4.6 % et pour 2018 de 2.7 % selon le Bureau du Plan.

Alors que l’inflation en Belgique devrait rester bien au-dessus de celle de la zone euro pour 2017 à 2.1 %, le Bureau du Plan table sur un recul important pour 2018 à 1.2 %, ce qui nous alignerait avec l’inflation en zone euro.

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Spread

Pour revenir deux secondes sur l’évolution de l’euro, même si le rendement du bund 10 ans a reculé à 0.30 % contre 0.36 % après le statu quo de la BCE, le spread par rapport au treasury 10 ans s’est réduit. Ce qui joue évidemment en faveur de l’euro.

Ce que montre le graphique avec en mauve l’évolution du spread entre les deux et en vert l’évolution du rendement du treasury 10 ans qui est retombé à pratiquement 2 %.

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