La « réflation » est bien finie

Posté le 29 août 2017
Business woman are checking exchange rates by using digital tablet

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Le recul de l’indice M3 dans la zone euro confirme la faiblesse de l’inflation.

Indicateurs monétaires

L’indice M3 (qui représente la monnaie en circulation et les dépôts à court terme) a connu une croissance annuelle de 4.5 % en juillet contre 5 % le mois precedent.

graphe20170829

Et pourtant, comme le montre le graphique issu du rapport de la BCE, les crédits aux ménages sont restés stables avec une progression annuelle de 2.6 %, et les crédits aux entreprises sont passés d’un taux annuel de 2 % à 2.4 %.

Si la baisse des dépôts à court terme avait été compensée par une hausse des encours de monnaie en circulation, on aurait pu y voir le signe d’un déplacement de l’épargne vers la consommation. Mais comme l’indice M1 recule également, cela reflète l’expectative qui entoure l’évolution de l’inflation alors que la croissance s’accélère.

C’est évidemment un élément qui risque fort d’être pris en compte par la BCE lors de sa réunion du 7 septembre.

Pour le moment, l’euro continue de profiter des propos très positifs de Mario Draghi sur la relance de la croissance. Et il fait totalement abstraction de l’idiosyncrasie de l’évolution de l’inflation qui pourrait inciter la BCE à garder une politique monétaire accommodante.

Le cas du Japon

Le Japon connait, hélas, bien cette situation particulière d’une absence d’inflation malgré de la croissance. Même si à l’époque le contexte mondial était différent.

Mais aujourd’hui, il est confronté au même phénomène que les États-Unis et l’Europe, malgré une reprise encourageante de la croissance. Alors que le taux de chômage se situe à 2.8 %, soit son taux le plus bas depuis 1974, et que l’on peut donc clairement parler d’un marché de plein emploi, les salaires n’augmentent que faiblement.

Et même plus interpellant, les dépenses de consommation ont reculé sur 1 an de -0.2 %. En partie, ce recul peut s’expliquer par le climat délétère qui a régné dans la région avec les provocations de la Corée du Nord. Et le nouveau tir de missile au-dessus du Japon cette nuit ne va pas calmer les tensions.

Mais il apparait aussi que pour combattre cette frilosité des consommateurs japonais, les entreprises baissent leur prix ce qui contribue bien évidemment à peser sur l’inflation.

Tensions sur le sterling

Alors qu’un nouveau round de négociations a commencé entre la Grande-Bretagne et l’UE, la pression sur le sterling ne faiblit pas. Il faut dire que ces négociations semblent laborieuses et que les deux parties n’envisagent pas la suite de la même façon.

Ce n’est évidemment pas un signal encourageant pour le sterling. La réduction du différentiel de taux reste aussi un élément essentiel qui explique ce recul du sterling comme le montre le graphique.

graphe20170829a

On retrouve donc, le différentiel entre le taux de l’obligation britannique à 10 ans et le taux de l’obligation allemande sur la même période, courbe mauve, échelle de droite, et, courbe orange, échelle de gauche l’évolution de la parité en EUR/GBP. La baisse du sterling est concomitante à la réduction du spread de taux.

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