Les marchés dans le brouillard

Posté le 23 août 2017
stock chart on virtual screen, close up

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Il est plus compliqué de garder le cap quand le brouillard se lève et la navigation demande plus d’attention et de vigilance.

Ce brouillard, en plus, vient de trois horizons différents, ce qui complique évidemment l’anticipation de sa levée même si le soleil parvient à percer.

Barcelona

L’acte immonde et lâche à Barcelone est venu rappeler, s’il le fallait encore, que nous allions devoir vivre avec cette menace terroriste en permanence. Que la défense de nos valeurs fondamentales sera une lutte permanente et que nous allons devoir apprendre à lutter.

Cet attentat et les risques d’attentat vont donc interférer dans la vie économique aussi et influenceront les comportements malgré la farouche volonté de ne pas laisser la peur gagner.

L’incertitude Trump

La réaction de Trump après le drame de Charlottesville a ébranlé encore un peu plus une administration qui partait déjà en déliquescence avant, mais qui a vu le mouvement s’accélérer.

Avec le départ de Steve Bannon, il s’agit du dixième départ en sept mois, mais surtout certains craignent que Gary Cohn, le conseiller économique, ne se retire aussi.

Car vu les propos scandaleux de Trump, et vu les défections des dirigeants d’entreprise, les deux comités économiques ont été dissous par Trump. Une défection de Cohn tomberait au plus mauvais moment alors que l’on attend toujours la grande réforme économique et fiscale annoncée par Trump, et qu’il est pressenti pour la présidence de la FED.

De plus, ces propos ont encore terni un peu plus l’image des États-Unis à l’extérieur et ne parlons même pas des tensions dans le dossier de la Corée du Nord.

L’incertitude des banques centrales

Clairement, la FED a exprimé et confirmé ses doutes et inquiétudes sur la faiblesse de l’inflation, qui reste à un niveau trop faible alors que la croissance est soutenue et que le taux de chômage est à son niveau de plein emploi.

Cette faiblesse de l’inflation est la conséquence de l’absence de hausse des salaires et vient perturber le scénario de base de la FED dans son processus de normalisation des taux. Si la réduction du bilan de la FED devrait bien avoir lieu, en revanche, une hausse des taux en septembre semble exclue et rien ne dit qu’en décembre il y en aura bien une.

Pour la BCE, la faiblesse de l’inflation est également un sujet de préoccupation auquel vient se greffer la remontée trop rapide et brutale de l’euro. Car cette hausse de l’euro vient non seulement pénaliser les exportations européennes, mais a aussi un effet baissier sur l’inflation.

Nous serons donc particulièrement attentifs aux propos de Janet et de Mario lors de la fameuse rencontre de Jackson Hole qui se tient cette fin de semaine.

Rayons de soleil

Et pourtant, derrière ce brouillard se cache un soleil radieux que confirment les taux de croissance en Europe et au Japon ainsi que les indicateurs de confiance.

Et ces indices de confiance confirment le trend positif et durable observé depuis le début de cette année comme au Japon où l’indice PMI manufacturier est ressorti à 52.8 contre 52.1.

Et les indices PMI pour la zone euro et pour les États-Unis attendus aujourd’hui ne vont pas dévier de leur tendance positive.

Les résultats des sociétés sont également au rendez-vous et la hausse des prix des matières premières soutient aussi les résultats et les économies des pays exportateurs de ces matières premières.

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