Le dollar sur la défensive

Posté le 24 juillet 2017
Euro, dollar , pound and yen signs. Ñurrency exchange concept. 3d

Euro, dollar , pound and yen signs. Ñurrency exchange concept. 3d

La fermeté de l’euro n’ayant pas fait l’objet du moindre commentaire de Mario Draghi, le mouvement s’est poursuivi et accentué.

Fermeté de l’euro

Il ne faut pas chercher un seul facteur pour expliquer la fermeté de l’euro, mais la conjonction de plusieurs.

D’abord, et même si Mario Draghi a demandé de faire preuve de patience, un changement de politique de la BCE est bien à l’ordre du jour. Peut-être pas une annonce en septembre, mais plus probablement en octobre.

Cet élément est évidemment une des raisons de la hausse de l’euro ces derniers temps, et en ne démentant pas les anticipations, Mario Draghi a poussé l’euro en avant bien malgré lui.

L’autre facteur, mais qui est lié au premier, est le différentiel de taux qui se réduit entre les taux américains et européens, comme le montre le graphique du différentiel de taux entre les obligations à 10 ans.

graphe210170724

D’un autre côté, le dollar est sous pression pour plusieurs raisons. D’abord parce que le dollar est victime de Trump et de l’absence de toutes avancées tangibles depuis son investiture.

L’audition de son beau-fils dans l’affaire de l’avocate russe ne va pas arranger les choses et les changements permanents au sein de son équipe ne sont pas pour rassurer.

Mais à côté de cela, l’économie américaine continue de montrer des signes d’essoufflement, qui pourraient d’ailleurs peser sur les résultats des sociétés.

D’ailleurs, le FMI, qui a publié ses prévisions, se montre optimiste pour la croissance mondiale qu’il confirme au même niveau, mais en procédant à des ajustements à la baisse pour les États-Unis et la Grande-Bretagne, et à la hausse pour la zone euro et le Canada.

En annexe, une infographie qui résume les vues du FMI, mais dont le ton est clairement encourageant, car il est question d’une reprise qui s’affermit.

graphe20170724a

Mais donc, pour les États-Unis, la croissance a été revue à 2.1 % contre 2.3 % en 2017 et 2.1 % contre 2.5 % en 2018.

Par contre, pour la zone euro, le FMI table sur une croissance de 1.9 % contre 1.7 % en 2017 et de 1.7 % contre 1.6 % en 2018, avec des révisions en hausse pour la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

Pas étonnant donc que dans ce contexte, l’euro se renforce, ce qui a par contre pesé sérieusement sur les bourses européennes et en particulier les valeurs impactées négativement par la hausse de l’euro.

Aussi par rapport au sterling

Si la hausse de l’euro par rapport au dollar est la face la plus visible, l’euro est aussi en nette hausse par rapport au sterling comme le montre le graphique.

graphe20170724b

Les raisons sont assez comparables avec un pouvoir politique affaibli en Grande-Bretagne, mais surtout les effets du Brexit qui commencent sérieusement à peser sur l’économie.

Le FMI a d’ailleurs révisé nettement la croissance à la baisse pour 2017 à 1.7 % contre 2 % tout en laissant inchangée celle de 2018 à 1.5 %.

Et la situation pourrait encore empirer si l’on en croit les derniers indicateurs, comme le Household Finance Index qui a reculé à 41.8 contre 43.7, soit son niveau le plus faible depuis juillet 2014.

Ce mercredi est attendu le chiffre de croissance pour le deuxième trimestre qui est escomptée à 0.3 % contre 0.2 % à comparer au taux de 0.6 % de croissance pour la zone euro pour la même période.

Je reviendrais demain plus longuement sur les prévisions du FMI concernant le Canada et les pays émergents.

tableau20170724