Euphorie irrationnelle des bourses ?

Posté le 13 juillet 2017
New York City, USA - September 26, 2014: Nasdaq billboard at Times Square New York City

New York City, USA – September 26, 2014: Nasdaq billboard at Times Square New York City

C’est quand même hallucinant, Janet Yellen se montre circonspecte et les marchés boursiers sont euphoriques.

Propos de Janet Yellen

Les marchés se sont sans doute arrêté à ce qu’ils voulaient entendre et ont fait abstraction du reste.

Janet Yellen a d’abord clairement laissé entendre que l’économie américaine était assez robuste pour encaisser de nouvelles hausses de taux et une lente réduction du bilan de la banque centrale.

Elle a souligné que les créations d’emploi se poursuivaient malgré une croissance lente et que l’environnement économique international s’améliorait.

C’est le côté positif de son discours et la partie qu’ont retenu, sans doute, les marchés boursiers. Mais en intégrant aussi une partie du côté plus négatif.

Car Janet Yellen estime que les taux « ne devraient pas avoir à augmenter encore tant que cela » pour arriver à un niveau neutre. Les marchés ont retenu que la hausse des taux ne viendra pas peser sur les bourses, mais ils ont occulté que si les taux restent à des niveaux faibles c’est que le potentiel de croissance est limité et que l’inflation demeure trop faible.

La faiblesse de l’inflation inquiète d’ailleurs la FED même si elle l’attribue à des facteurs inhabituels, n’empêche que cela reste un facteur qui devrait limiter la hausse des taux.

Nous serons dès lors très attentifs aux prochaines publications des chiffres d’inflation avec déjà une première indication avec la publication de l’indice des prix à la production. Ce dernier, hors alimentation et énergie, est attendu en léger recul à 2 % contre 2.1 %.

Le Dow Jones a terminé sur un nouveau record, le dollar s’est légèrement repris et les taux longs américains ont reculé, alors que Janet Yellen parle de croissance modeste et de facteurs inhabituels. Il y a quand même un sérieux décalage qui ne peut qu’interpeler.

Hausse de taux au Canada

La Banque du Canada a bien relevé de 0.25 % son taux directeur pour le porter à 0.75 %, décision hautement symbolique pour les attentes des autres banques centrales comme je le soulignais hier.

Mais ce qui est important de bien saisir dans le communiqué de la banque du Canada et qui donne un éclairage tout autre de la vision de la FED, c’est qu’elle a fait abstraction de la faiblesse de l’inflation pour augmenter ses taux.

Je m’explique. En effet, dans le communiqué de la Banque du Canada, il est écrit « la Banque continuera d’analyser les fluctuations à court terme de l’inflation afin de déterminer dans quelle mesure il demeure approprié d’en faire abstraction ».

Ce qui signifie que ce n’est pas parce que l’inflation demeure faible qu’une hausse des taux est exclue, alors que Janet Yellen justifie la fin prochaine de la hausse des taux par cette faiblesse de l’inflation. Pour ne pas reconnaitre ou souligner la faible croissance de l’économie américaine ?

Car la Banque du Canada justifie sa décision par le fait que « L’économie canadienne a été robuste, étant stimulée par les dépenses des ménages. Par conséquent, une part appréciable des capacités excédentaires dans l’économie s’est résorbée. La croissance très vigoureuse du premier trimestre devrait se modérer pendant le reste de l’année mais demeurer supérieure à celle de la production potentielle. La croissance se généralise à l’échelle des secteurs et des régions et devient donc plus soutenable. Les dépenses des ménages demeureront probablement solides dans les mois à venir, à la faveur de la hausse de l’emploi et des salaires, mais leur rythme de croissance devrait ralentir durant la période de projection. Parallèlement, les exportations devraient apporter une contribution de plus en plus importante à la croissance du PIB. Les investissements des entreprises devraient aussi contribuer à la croissance, un point de vue étayé par la plus récente enquête de la Banque sur les perspectives des entreprises. »

Ces propos sont largement plus positifs que ceux de la FED et démontrent une situation économique plus favorable que celle des États-Unis. D’ailleurs, le dollar canadien s’est renforcé par rapport au dollar comme le montre le graphique.

graphe20170713

Baisse de l’inflation

Pour rester dans le sujet de l’inflation, et comme le montre le graphique, le taux d’inflation en Inde a chuté à 1.54 % contre 2.18 %.

graphe20170713a

C’est le taux d’inflation le plus bas depuis janvier 2012, date du début de la publication de cet indice qui englobe les différents indices de prix. Et c’est clairement sous l’effet de la baisse des prix des produits alimentaires (voir mon commentaire d’hier) que l’inflation a reculé.

Cela ouvre la porte à une baisse des taux de la part de la banque centrale lors de sa prochaine réunion du 2 août.

Balance commerciale

Pour ne rester focalisé sur l’inflation, il faut souligner les chiffres très positifs en Chine.

Les exportations ont augmenté sur un an de 11.3 % contre 8.7 %, et les importations ont progressé de 17.2 % contre 14.8 %.

Ces chiffres soulignent une forte demande à l’exportation pour les produits électroniques et industriels et une demande intérieure qui soutient les importations.

Mais cela a entrainé une hausse du surplus commercial de la Chine par rapport aux États-Unis, surplus qui est passé de 22 milliards de dollars à 25.4 milliards de dollars.

Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis octobre 2015 alors que Trump voulait combattre ce déficit et peser sur les transactions en provenance de Chine.

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