La remontée des taux longs s’accélère

Posté le 7 juillet 2017
Business chart with glowing arrows and world map

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Tension à nouveau sur les taux longs dans la zone euro après les minutes de la dernière réunion de la BCE.

Hausse des taux

Il apparait dans ces minutes que les propos de Mario Draghi la semaine passée n’ont pas été mal interprétés.

Il ressort en effet que lors de cette réunion, il a été envisagé de supprimer du message de politique monétaire la promesse d’accroitre ou de prolonger si nécessaire le programme de rachat.

Cette perspective confirme que la BCE va envisager dans les mois qui viennent un changement de sa politique, changement qui pourrait être annoncé en septembre. Et qui devrait porter dans un premier temps sur une réduction de son programme d’assouplissement quantitatif.

Les opérateurs ne sont pas trompés donc après les propos de Draghi et ils ont poursuivi le chemin entamé en poussant les taux encore un peu plus haut (encore 10 bp en plus). Et cette hausse s’est accompagnée d’un rétrécissement concomitant des spreads.

Ce qu’illustre très bien l’évolution du rendement de l’olo 10 ans (en mauve) et celle de l’obligation française à 10 ans (en vert) avec un spread (en orange) entre les deux qui s’est réduit à néant.

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L’euro s’est sensiblement renforcé après la publication de ces minutes, mais il faut dire aussi que les taux américains n’ont pas suivi le mouvement de hausse dans la même ampleur que les taux européens.

Interrogations

Et le dollar a aussi subi les interrogations nées de la publication des minutes de la dernière réunion de la FED. La publication des chiffres du chômage, déjà importante en temps normal, prend une importance encore plus élevée dans ce contexte.

Et la publication du chiffre des créations d’emploi dans le secteur privé par le bureau ADP a déjà un peu refroidi les ardeurs. En effet, alors que le mois passé, le secteur privé avait créé 230.000 mois, au mois de juin, il n’a créé que 158.000 emplois.

Le taux de chômage est attendu stable à 4.3 %, et les créations d’emploi devraient être de 179.000 contre 138.000. Deux autres indicateurs sont à suivre de près, le taux d’emploi qui était à 62.7 %, et la hausse du salaire horaire moyen. Elle est attendue en progression de 0.3 %, soit un taux annuel de 2.7 % contre 2.5 %.

Les interrogations viennent donc d’une part de l’absence d’inflation et d’autre part d’un ralentissement ou pas dans les créations d’emploi. Et même si ce chiffre reste largement en dessous des 300.000, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté pour le troisième mois consécutif ce qui entretient le doute.

Aucune illusion

Déjà en temps normal les G20 n’apportent pas de grandes avancées, mais rarement un G20 s’est tenu dans une telle tension et il devrait plutôt entériner les divergences de vues.

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